Cette semaine en montagne, on apprenait l’ascension réussie de Charles Dubouloz dans les Pyrénées, de quoi terminer sa trilogie hivernale en beauté. On découvrait également une affaire à dormir debout dans une station de ski espagnole. La presse américaine s’étonnait des écarts de prix pharamineux sur les cours de ski en Europe et outre-Atlantique. Pendant qu’une étude scientifique nous plongeait dans les lacs tibétains ou ce qu’il en reste. Des délégations choisissaient de boycotter la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques de Milan-Cortina. Et les stations de ski françaises partageaient des chiffres d’investissements records. Alors que le Bhoutan recevait un prix au salon mondial du tourisme, c’est au Népal que la saison des expéditions débutait. A l’Everest, les icefall-doctors ont pris le chemin du camp de base !
1. Charles Dubouloz termine sa trilogie hivernale en beauté ! | 2. Imbroglio dans une station espagnole : la justice saisie ! | 3. Des leçons de ski à 460 Euros de l’heure ! | 4. Un lien inattendu entre les lacs du Tibet et l’activité sismique | 5. Boycotts de la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques ! | 6. Investissements records dans les domaines skiables français en 2025 | 7. La saison des expéditions à l’Everest démarre ! | 8. La destination Bhoutan primée à Berlin
Charles Dubouloz termine sa trilogie hivernale en beauté !
Après deux ascensions majeures dans les Alpes, Charles Dubouloz a concrétisé sa trilogie hivernale dans les Pyrénées. Le Français, adepte des voies engagées, s’était lancé dans ce projet un peu fou. Trois ascensions très périlleuses reliées à vélo ! Tout a commencé avec Divine Providence, dans le massif du mont Blanc. Puis c’est sur la voie Gamma à la Barre des Ecrins que Dubouloz a continué son périple. Avant de conclure son périple par le Pic du Midi d’Ossau et ses 2.884 mètres d’altitude. Une dernière étape plus mouvementée que prévu, avec la perte de son sac à dos le premier jour. Tombé dans le vide, ce dernier contenait pourtant de quoi se nourrir et se réchauffer. Qu’à cela ne tienne, la fenêtre météo est courte, plus le temps d’hésiter. 48 heures suffisent pour avaler 600 mètres d’une voie très délicate au vu des conditions. Retour à Annecy à vélo, évidemment.
Imbroglio dans une station espagnole : la justice saisie !
Nevasport nous raconte cette semaine une affaire rocambolesque dans une station de ski espagnole. Le directeur de la station de ski asturienne de Valgrande-Pajares, Javier Martínez Iglesias, a déposé une plainte. Elle vise deux hautes responsables politiques de la région. Il leur reproche une inaction prolongée face à des défaillances graves de sécurité. Notamment le maintien en poste d’un chef d’exploitation des remontées mécaniques jugé techniquement incompétent par plusieurs rapports d’experts depuis 2019. Des incidents sérieux ont déjà eu lieu. Un déraillement de cabine avec deux employées à bord en avril 2024. Une défaillance du système de freinage d’un télésiège en novembre 2025 en présence même de la directrice générale des Sports.
Face à ses alertes répétées — y compris une intervention au Parlement régional en mars 2025 — la réponse de l’administration a été non pas de corriger les problèmes, mais d’ouvrir des procédures disciplinaires contre le directeur lui-même, accusé d’avoir empiété sur les fonctions du responsable incriminé. Cette situation a profondément fracturé le climat social autour de la station. Entre une partie du personnel syndiqué soutenant le chef d’exploitation et un large tissu associatif et économique local qui appuie le directeur. La justice asturienne devra désormais déterminer si l’inaction des responsables politiques constitue une faute pénale.
Des leçons de ski à 460 Euros de l’heure !
C’est un article de Snowbrains qui s’étonne des écarts de prix concernant les cours de ski en Europe et outre-Atlantique. Les leçons de ski sont bien plus chères aux États-Unis qu’en Europe, avec un écart pouvant atteindre 500%. À Vail, par exemple, une leçon privée peut coûter jusqu’à 460 Euros de l’heure. Alors qu’à Saint-Moritz, l’une des stations les plus luxueuses d’Europe, le tarif horaire tourne autour de 82 euros. La raison principale de cet écart est la structure du marché. Aux États-Unis, les grands opérateurs comme Vail Resorts ou Alterra contrôlent entièrement leurs écoles de ski, ce qui crée un monopole sans aucune concurrence au sein d’une station donnée. En Europe, en revanche, plusieurs écoles indépendantes et moniteurs freelance coexistent sur les mêmes pistes, ce qui pousse naturellement les prix à la baisse.
Cette différence s’explique aussi par le cadre juridique. En Amérique, les stations opèrent sur des terrains privés ou sous permis fédéraux, ce qui leur donne le droit de contrôler toute activité commerciale sur la montagne. En Europe, les remontées mécaniques gèrent l’infrastructure, mais la montagne reste un espace public où n’importe quel moniteur certifié peut exercer librement. À cela s’ajoute un environnement américain très procédurier, qui oblige les stations à souscrire des assurances coûteuses, répercutées sur le prix des leçons. Enfin, la culture du pourboire aux États-Unis alourdit encore la facture pour le client. Paradoxalement, malgré des tarifs bien plus bas, les moniteurs européens conservent une part bien plus grande de leurs honoraires — parfois jusqu’à 93% via certaines plateformes — alors que leurs homologues américains ne touchent souvent que 7 à 10% du prix payé par le client.
Un lien inattendu entre les lacs du Tibet et l’activité sismique
Une étude récente établit un lien inattendu entre l’assèchement des anciens lacs du Tibet méridional et l’activité sismique de la région. Il y a plus de 100 000 ans, de vastes lacs tibétains exerçaient une pression considérable sur la croûte terrestre ; leur rétrécissement progressif dû aux changements climatiques a allégé ce poids. De quoi provoquer un rebond du sol similaire au rebond postglaciaire. Ce déchargement a suffi à réactiver des failles endormies depuis longtemps, favorisant des glissements sismiques — des mouvements pouvant atteindre 70 mètres sur des dizaines de milliers d’années. Bien que les séismes associés aient été modestes, cette recherche illustre un principe fondamental : les transformations climatiques en surface peuvent influencer des processus géologiques profonds, une dynamique également observée dans d’autres régions du monde comme la vallée du Rift en Afrique de l’Est.
Boycotts de la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques !
Plusieurs délégations ont boycotté la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques de Milan-Cortina (6-15 mars 2026), qui s’est tenue à Vérone. Une réaction à la réintégration de la Russie et de la Biélorussie avec leurs drapeaux nationaux. L’Ukraine, la Tchéquie, la Pologne, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Finlande ont ainsi refusé de défiler, tout en participant aux épreuves. La France et le Royaume-Uni ont quant à eux choisi un boycott politique, en n’envoyant aucun représentant gouvernemental à la cérémonie. Il s’agit du premier retour de la Russie sous ses couleurs nationales depuis 2014, après des années de sanctions liées au dopage puis à l’invasion de l’Ukraine.
Investissements records dans les domaines skiables français en 2025
En 2025, les domaines skiables français ont investi 555 M€ annonce Domaines Skiable de France dans un communiqué. Un niveau stable par rapport à 2024 mais 50% supérieur à la moyenne décennale. Cet effort représente 32% du chiffre d’affaires, soit 9 points au-dessus de la moyenne sur dix ans. Les remontées mécaniques restent le premier poste de dépenses avec 281 M€, mais les projets se veulent davantage ciblés. Les bâtiments d’accueil connaissent la plus forte progression : +80% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, avec 62 M€ investis dans des restaurants, espaces d’accueil et consignes.
La stratégie évolue vers le multiusage et la diversification, avec davantage de tapis d’apprentissage et d’équipements de loisirs quatre saisons. Sur dix ans, le secteur a investi près de 4 milliards d’euros, contribuant à faire de la France « le deuxième marché mondial du ski avec 54,7 millions de journées skieurs en 2024/2025 ». Domaines Skiables de France alerte toutefois sur les stations qui n’ont plus accès à l’investissement et appelle à un effort de solidarité.
La saison 2026 des expéditions à l’Everest démarre !
La saison 2026 des expéditions est officiellement lancée au Népal et notamment sur l’Everest. Les « Icefall Doctors », une équipe de huit Sherpas, ont quitté Namche Bazaar pour établir une route sécurisée à travers la cascade de glace du Khumbu. C’est traditionnellement le coup d’envoi de la saison, avec en parallèle le début de l’aménagement du camp de base.
Le versant tibétain de l’Everest, lui, restera fermé cette année pour « des raisons politiques », contraignant les opérateurs à basculer leurs expéditions vers le côté népalais. On apprend aussi que les autorités népalaises renforcent également les mesures environnementales, notamment l’obligation stricte d’utiliser des sacs pour les déjections humaines au-dessus du camp de base. Mais si le Népal se prépare, le contexte géopolitique mondial pourrait l’acheminement des alpinistes. La plupart des vols internationaux à destination de Katmandou transitent par le Moyen-Orient. Ces derniers jours, le ciel de la région a été fermé à plusieurs reprises aux vols commerciaux.
La destination Bhoutan primée à Berlin
C’est au salon mondial du tourisme (ITB), à Berlin, que le Bhoutan a été primé le 4 mars dernier. Le Kuensel raconte que le pays a été élu « Destination de l’année » dans la catégorie des expériences terrestres. Une récompense qui vient notamment mettre en exergue un « tourisme authentique et régénérateur ». Ce prix été décerné par la Pacific Area Travel Writers Association(PATWA), organisation à but non-lucratif qui œuvre depuis 1999 pour un développement durable du tourisme. Malgré ces prix, le petit royaume himalayen peine toujours à attirer un nombre suffisant de visiteurs alors que le pays a renforcé son offre depuis la sortie du COVID.
Illustration – les icefalls doctors pour le lancement de la saison 2026 à l’Everest © SPCC
