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Expéditions Eté 2019 : Vitaly Lazo pris dans une avalanche au Nanga Parbat

Alors qu’Adrian Ballinger approche du K2, rêveur et soucieux, Mike Horn est en attente d’une fenêtre de beau temps. Il ne se passe donc pas grand-chose sur le K2. Au Nanga Parbat en revanche, plusieurs expéditions s’acclimatent sur la montagne. Parmi les grimpeurs, le Russe Vitaly Lazo a bien failli terminer son aventure sous une avalanche. Il raconte. Et un de ses compagnons de cordée donne également sa version des faits. 

Adrian Ballinger soucieux et rêveur à l’approche du K2

Alors qu’il s’approche du K2 pour sa tentative sans oxygène aux côtés de Carla Perez, Adrian Ballinger est soucieux. « C’est compliqué pour moi d’imaginer comment 200 grimpeurs vont pouvoir grimper ensemble en sécurité sur le K2 ». Mais il se dirige doucement vers son objectif, le K2, en rêvant à ses prochaines aventures. Sur les rives du Baltoro, il lève la tête vers les Tours de Trango. Son regard se pose sur l’une d’elles : la Tour Sans Nom, un 6.000 redoutable. Il n’a qu’une envie : revenir l’été prochain pour s’y attaquer… Il compte bien sur sa compagne, la guide Emily Harrington, pour l’accompagner. Car si lui est spécialiste de la très haute altitude avec ses multiples réussites au-dessus de 8.000m, Emily est une spécialiste de la technique. Les escalades difficiles ne lui font pas peur ; elle passe le plus clair de sa saison sur les parois verticales du Yosemite.

Mike Horn attend le beau temps

Pendant que la canicule réchauffe la France, la météo sur la région du K2 est toute autre. Chutes de neige, vent, et des températures qui même au camp de base restent négatives toute la journée. Une amélioration est prévue sous peu, elle devrait permettre aux expéditions de bouger à nouveau. En attendant, Mike Horn et Fred Roux font des petites randos autour du camp de base, histoire de « garder les jambes en mouvement, et garder le sourire ! ».

Vitaly Lazo sort indemne d’une avalanche au Nanga Parbat

Le Russe Vitaly Lazo a été pris dans une avalanche. « Le bruit est assourdissant, je lève la tête et je comprends. C’est fini pour moi. Dans quelques secondes je serai mort. Avalanche. (…) Je ne sais pas comment j’ai réussi mais en une fraction de secondes je m’abrite sous un petit éperon rocheux. Je suis plaqué au rocher par la neige qui recouvre tout. Me voilà dans ce linceul blanc, la vague heurte mon casque, mes épaules. Le plus gros de la coulée passe au-dessus de moi, dévié par l’éperon rocheux. J’ai du mal à respirer, toujours. (…) Quand l’avalanche se calme, la neige est partout, dans les lunettes, le casque, tout est couvert de neige (…) mais je suis vivant, et entier ! » raconte-t-il, encore secoué par les émotions. Un sacré coup de chance. Sans cette protection rocheuse, l’issue d’une telle coulée aurait pu être toute autre.

La même scène est racontée par l’Italien Cimenti, qui assistait – impuissant – à l’avalanche. « A ce moment-là, j’ai entendu un gros bruit et en regardant, j’ai vu une grosse quantité de matière blanche tomber sur Vitaly. J’ai crié pour le prévenir, mais il y avait trop de bruit et il avait déjà compris. Je l’ai vu courir comme un léopard des neiges et s’abriter sous des rochers. Toute l’avalanche est passée au-dessus de sa tête, il n’a reçu que quelques poussières neigeuses. (…) Je l’ai retrouvé au camp, il était heureux d’être en vie… »

Les autres grimpeurs du Nanga Parbat s’acclimatent

Après plusieurs jours d’attente, sous la neige du Pakistan, Stefi Troguet a pu enfin se remettre en mouvement. Elle a réussi à atteindre le Camp 2 au terme de près de 15h de marche dans de la « neige profonde ». L’occasion pour elle de faire la connaissance du mur Kinshofer. Elle a ainsi dépassé les 6.000 mètres. Elle n’est pas seule sur cette montagne, on y trouve aussi l’Espagnol Sergi Mingote. Il y a 8 jours quand il est arrivé au camp de base, il soulignait son caractère exceptionnel : « Un pré vert, avec de l’eau… Il se distingue de tous les camps de base que j’ai vu par sa beauté ». Effectivement, son altitude relativement basse confère au camp de base du Nanga Parbat une physionomie atypique dans l’univers minéral, glacé et chaotique des camps de base des 8.000.

Illustration  © FB VLazo

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