cyclone Fani

Expéditions Printemps 2019 : Le cyclone Fani fait des dégâts à l’Everest !

Le week-end terminé, le cyclone Fani a quitté l’Himalaya. En revanche, les jet-streams sont toujours assez violents et compliquent l’installation des cordes fixes sur l’Everest. Au Dhaulagiri, la tempête est également passée, et Horia Colibasanu et son équipe n’ont pas trop souffert. Enfin, la météo empêche la progression sur la face sud du Lhotse. Sur un autre versant du Lhotse, on retrouve Ali Sadpara.

Le cyclone Fani a détruit de nombreuses tentes

On a beaucoup entendu parler de Fani ce week-end. Et pour cause, ce n’était rien moins que le puissant cyclone de ces 20 dernières années à toucher le sous-continent indien. Plus d’un million de personnes ont dû être évacuées en Inde et au Bangladesh. Si la tempête s’est calmée en abordant l’Himalaya, son activité restait préoccupante.

C’est sur le versant tibétain que le cyclone Fani a été le plus agressif. Au-delà de 7.000 mètres, des vents d’une extrême violence n’ont laissé que peu de chance aux tentes récemment installées. Au niveau du Col Nord, la plupart des tentes sont endommagées. Certaines ont complètement disparu. Sur le versant népalais, quelques dizaines de tentes – surtout au Camp 2 – ont été balayées. Aucun blessé n’est à déploré, une majorité d’expéditions avaient reporté leur rotation pour éviter de se confronter à la tempête.

Si le cyclone a disparu, le temps n’est toujours pas optimal. En cause, les jet-streams, ces vents d’altitude qui ne se calment pas. Ils devraient se maintenir au moins jusqu’au 10 mai. S’ils ne s’assagissent pas, l’atteinte du sommet est tout simplement impossible. Les sherpas qui équipent la voie de cordes fixes – et qui doivent atteindre le sommet en premier – ne sont pas en mesure d’avancer, bloqués par le vent. En attendant de pouvoir travailler à plus de 8.000 mètres, les sherpas ont beaucoup de boulot plus bas. Les chutes de neige qui ont accompagné la tempête ont enterré les cordes fixes. C’est parfois sous 50 cm à 1 mètre de neige qu’il faut creuser pour retrouver cette « ligne de vie » indispensable à la plupart des expéditions.

En ce début de semaine, les expéditions se remettent en marche, à l’image du Français Thomas Dutheil qui est arrivé il y a quelques heures au Camp 1 à 5.980 mètres. Après une après-midi et une nuit de repos, il devrait continuer vers le Camp 2 à plus de 6.400 mètres. L’attente a payé, le Normand peut enfin profiter de « l’immensité de l’Himalaya » !

A quand le sommet ? Traditionnellement les expéditions se succèdent au sommet entre les premiers jours de mai et la fin de la troisième semaine. Les conditions n’ont pas permis des sommets aussi tôt qu’en 2010 ou 2011 où les grimpeurs avaient réussi leur défi au 5 mai. Et rien ne devrait être possible avant mi-mai. Les opérateurs commencent à s’inquiéter. Car la fenêtre météo n’est pas très large. Fin mai, début juin, la météo va se détériorer pour plusieurs mois. Il ne sera plus alors possible de gravir l’Everest pour cette saison.

Sur le Dhaulagiri, la tempête était également violente. Mais le camp de base d’Horia Colibasanu, Peter Hamor et Marius Gane n’a pas été endommagé. Tous les trois  « continuent de grimper et d’équiper un mur de quelques 600 mètres de haut ; ensuite leur voie suivra la ligne de crête ».

Le vent bloque Cory et Topo

Sur le versant tibétain, le duo d’alpinistes qui voulaient ouvrir une nouvelle voie directe sous le sommet attendent. « la réponse est que les vents sont forts et on en a marre ! (…) Selon la météo, nous ne devrions pas pouvoir revenir sur notre voie d’ici 2 semaines » explique Cory Richards. Plus de détails sur ses stories Instagram !

L’impossible Face Sud du Lhotse

Depuis plusieurs semaines, l’équipe de Sung-Taek Hong tente en vain de progresser sur la face Sud du Lhotse. Le point noir est situé entre le Camp 1 et le Camp 2. Ces derniers jours, deux tentatives de rallier le camp 2 se sont soldées par de cuisants échecs. « C1 (5.900m) à C2 (7.200m) est la partie la plus dangereuse de notre itinéraire, c’est un très gros gain en altitude, et nous devons traverser le plus grand couloir, généralement il ressemble à une rivière de poudreuse et de chutes de pierres » explique Uta Ibrahimi. La météo n’aide pas les grimpeurs. Le soleil du matin déclenche des avalanches et dès que le soleil disparait, c’est pour laisser place aux chutes de neiges et à une visibilité très limitée. Aujourd’hui, l’équipe tente une troisième fois d’atteindre le Camp 2 au départ du Camp de Base. Jusqu’à présent, la Face Sud du Lhotse ne faillit pas à sa réputation de barrière infranchissable. Le Sud-Coréen Sung-Taek Hong en a fait l’œuvre d’une vie. C’est déjà sa 6ème tentative !

Lire aussi : en 2015, Sung-Taek Hong était déjà sur la Face Sud du Lhotse

Ali Sadpara est au Lhotse avant un autre 8.000 !

Alors qu’on attendait Ali Sadpara sur le Makalu, le voici sur l’Everest. Mais ce n’est que partie remise, il compte bien s’y rendre d’ici quelques semaines. Il commence par « s’échauffer » sur le Lhotse. Rien que çà.

Illustration Cyclone Fani © Accuweather

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