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Jim Bridwell, The Bird s’est envolé

Il y a quelques jours, une légende de l’escalade s’est éteinte. Jim Bridwell est mort le 16 février à Palm Springs, Californie, des suites d’une maladie. Il avait 73 ans et si son nom ne vous dit rien, c’est que vous n’êtes pas familier des falaises du Yosemite. Lui, il y avait ses habitudes. Tout comme en Patagonie ou en Alaska.

De San Antonio au Yosemite

Né à San Antonio (USA) durant l’été 1944, d’un père militaire. Qui dit famille de militaire, dit déménagements fréquents. Dans sa jeunesse, Bridwell parcourt donc les états américains avec ses parents. D’une nature solitaire, il passe beaucoup de temps dans la nature et lit beaucoup. C’est grâce aux livres qu’il découvre le Parc du Yosemite et ses falaises.

Il n’a que 20 ans quand il commence à réaliser des ascensions mémorables sur les parois de granit de la Vallée du Yosemite. L’été sur les falaises, l’hiver sur les pistes de Lake Tahoe où il s’improvise moniteur de ski.

Ce ne sont pas moins d’une centaine de voies que Bridwell ouvre dans cette vallée de Californie, véritable Mecque des grimpeurs, toutes plus difficiles les unes que les autres. En 1967, il fonde la Société de Recherche et de Secours au Yosemite tout en continuant à grimper. En 1975, il commence à attirer l’attention en réalisant la première ascension en une seule journée de The Nose à El Capitan (Yosemite). L’une des parois les plus réputées au monde.

Yosemite escalade
Bridwell (au centre)

Un rebelle pas comme les autres

En constante rébellion contre la société, Jim Bridwell dit The Bird, était un des porte-paroles involontaires de la génération hippies. Au plus fort de la guerre du Vietnam, il mêlait allègrement révolte, free love et drogues en tous genres : « Je ne connais pas de grimpeur qui ne se drogue pas » avait-il affirmé à l’époque, donnant une idée de l’ambiance qui régnait dans certains camps du Yosemite.

Difficile d’aller convaincre des sponsors de soutenir votre parcours quand vous détestez ce qu’ils peuvent représenter. Alors bien souvent, Jim Bridwell va financer sa carrière de grimpeur par ses propres moyens. En travaillant dur. Moniteur de ski, sauveteur en montagne, il enchaîne aussi les missions sur des plateformes pétrolières, des petits boulots dans l’univers de cinéma à Hollywood et même un job d’entraîneur pour les Marines.

La naissance de son fils en 1979 ne va pas vraiment ralentir ses ardeurs. Dès qu’il peut, il retourne grimper.

Alaska, Patagonie, Alpes, Himalaya…

Il ne quitte pas souvent la Californie mais quand il s’en va, ce n’est pas pour rien.

En 1979, escapade en Patagonie, il réalise la première en style alpin de l’Arête Sud-Est du Cerro Torre. Deux ans plus tard, il s’offre une première hivernale sur l’une des arêtes du Mooses’ Tooth en Alaska. En 1982, il enlève la première hivernale et la première américaine au Pumori (7.161m, Népal). En 1991, il passe quelques jours en Suisse. Résultat : il grimpe la face Nord de l’Eiger. En 1999, le voici à Chamonix qui ouvre une nouvelle voie au Grand Capucin baptisée Oddysey.

Bref, la liste est longue ! Jim Bridwell était l’une des grimpeurs les plus talentueux de sa génération.

 

Illustrations : © StoneMastersPress / © Pat Ament

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Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

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