roman noir de montagne

Le roman noir de montagne, une nouvelle collection des Editions du Mont Blanc

En ce mois de Février, les Editions du Mont Blanc ont lancé une nouvelle collection. Baptisée Mont Blanc noir, elle mêle sommets et thrillers. Après le polar scandinave, voici venu le roman noir montagnard ! Catherine Destivelle, directrice de cette maison d’éditions, précise qu’il devrait y avoir trois à quatre titres édités par an. Et à ce rythme là, on va vite rester sur notre faim, parce qu’il a suffit de quelques heures pour engloutir le premier ouvrage de cette nouvelle série.

Quatorze

Quatorze, est le premier roman d’Aymeric Vinot. La petite trentaine, ce diplômé d’HEC passionné de montagne a bien réfléchi et s’est lancé dans l’écriture. Tant mieux. Si son style s’affinera probablement au fil de ses prochains romans, ce premier vaut déjà le coup d’être découvert. Pour peu qu’on apprécie les romans noirs et la montagne, on pourra assez vite se laisser prendre par cette histoire !

Une histoire d’expédition, avec ses treize membres. En ajoutant le narrateur, qui va tenter de mieux comprendre ce qu’a vécu ce groupe, nous en sommes à quatorze. Quatorze individualités, quatorze personnalités. Comme les quatorze sommets de plus de 8.000 mètres que compte notre planète. C’est sur l’un d’entre eux, à la frontière entre le Tibet et le Népal, que se déroule une bonne partie de l’action du roman. Entre les difficultés de l’ascension et la violence du conflit sino-tibétain, les personnages se livrent peu à peu, et on commence à comprendre ce qui les a poussé à s’engager dans une telle entreprise, gravir un « 8.000 » !

Une drôle de cordée

L’athlète surentraîné, les deux frères fêtards venus de Vancouver, le couple de marseillais, le guide chamoniard, le polonais fauché… On pourrait trouver ces personnages très caricaturaux. Pourtant, dans le froid de la haute altitude, les stéréotypes s’effacent et ils semblent plus vrais que nature. Ce groupe si « mal assorti » commence à ressembler à une cordée. Une cordée un peu désunie mais qui va faire face à de multiples périls. L’altitude, le froid, les crevasses et les avalanches pourraient en être des exemples. Mais les principaux dangers qui guettent cette cordée sont ailleurs. En elle-même d’une part, entre l’égo de certains et les mauvaises raisons qui poussent d’autres à être là, et dans le contexte politique d’autre part.

La situation du Tibet est complexe. Son ouverture récente au tourisme ne masque que difficilement l’entreprise de « pacification » lancée par Pékin. A grand renfort d’infrastructures et d’afflux d’émigrés d’autres provinces, le Tibet change. Parfois violemment. Dans « Quatorze », Aymeric Vinot essaie modestement de donner la parole à différents camps : les Chinois, les Occidentaux… Ceux que l’on entend finalement le moins sont les Tibétains eux-mêmes. Dans ce livre, à l’image de la réalité. La propagande chinoise rend difficile une vision claire de ce qui se passe au Tibet, de rares témoignages filtrent. Il y a déjà huit ans déjà, les souvenirs de voyage d’Elodie Bernard à Lhassa nous en donnaient une idée. Hélas bien triste.

A lire, en attendant de nouveaux titres dans cette collection Mont Blanc Noir ! (100.000 $ pour l’Everest, d’Yves Ballu vient d’être réédité dans la même collection. Prochaine parution plus tard dans l’année).

Quatorze, Aymeric Vinot, Les Editions du Mont Blanc, 2018 : 16 € en librairie depuis mi-février | à commander ici !     

Adélie F.

Libraire, Adélie partage avec vous sa passion pour les livres. La littérature de montagne est un vaste domaine qu'elle essaie de vous faire partager. Entre les montagnards et autres alpinistes qui s'essaient à l'écriture et les grands écrivains qui s'essaient à la montagne, les lectures ne manquent pas ! Elle chronique également des films, expos... Pour la contacter directement : adelie@altitude.news !

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