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Quand les aides de l’Etat se doublonnent dans les stations de ski

Un échantillon de sociétés exploitants de domaines skiables a été audité par la cour régionale des Comptes de la Région AURA. L’idée : regarder l’efficacité des aides covid.

En région Rhône-Alpes Auvergne, la chambre régionale des Comptes s’est intéressée aux aides publiques apportées aux exploitants de domaines skiables pendant la période du covid. Elle a notamment étudié les comptes de 6 stations : la Plagne, Tignes, Morzine-Avoriaz, Val Thorens, La Toussuire et Saint Sorlin d’Arves. Un échantillon prenant en considération des mastodontes du secteur et des structures plus modestes. Après un chiffre d’affaires 2019-20 en baisse (suite à une fermeture prématurée à cause du covid), les exploitants de domaines skiables avaient dû faire face à la fermeture complète des remontées mécaniques l’hiver suivant. Pour les aider à passer ce cap, et avec la bénédiction de l’Europe, l’Etat avait sorti son chéquier.

Des dispositifs qui se doublonnent

Un dispositif baptisé « coûts fixes » avait ainsi vocation à prendre en charge 70% de ces coûts. Au-delà de cette aide, les stations ont également bénéficié du chômage partiel, de l’exonération des charges sociales et parfois d’autres aides locales. Sur l’échantillon de stations étudié, le dispositif coût fixe a coûté 112 millions d’Euros à l’Etat. A mettre au regard de 115 millions d’Euros de charges pour les exploitants de domaines skiables. On est ici plus près de 97% que de 70%. C’est que l’estimation des coûts fixes a intégré une part de charges de personnels non négligeable. En réalité, la proportion de salariés en chômage partiel a été plus importante que prévu. Résultat, l’étude confirme : « le dispositif coûts fixes a compensé une partie des charges de personnel déjà compensée par le chômage partiel (double compensation) ».

Certains exploitants auraient pu s’en passer !

Avec le cumul de certaines aides, plusieurs stations ont même dégagé un résultat positif, à l’instar de Val Thorens. Si toutes les stations ne s’en tirent pas aussi bien, l’effet d’aubaine pour certaines est bien réel. L’audit évoque dans ces cas-là un effet « contraire à l’esprit du dispositif ».

Le calibrage des aides est en question puisqu’elles ont permis ces effets de bord. Elles ont néanmoins rempli leur objectif premier. Aucune société exploitant de domaines skiables n’a connu de faillite à cause du covid, preuve que le système de protection mis en place par l’Etat a fonctionné. Un régime qui a fait le « choix de la simplicité » et qui n’a pas regardé à l’économie. D’autant que l’audit a regardé de plus près la capacité qu’auraient eu ces stations à se passer de ces aides. Si certaines auraient été conduites à la faillite, « les plus grandes sociétés avaient la capacité à ne pas recevoir d’aides directes. En effet certaines auraient vu leurs fonds propres se réduire, mais cela n’aurait pas remis en cause leur solvabilité ».    

Illustration © Pixabay

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Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

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