Septembre 2012 : drame français sous l’avalanche du Manaslu !

Chaque saison automnale, le Manaslu attire beaucoup de grimpeurs. En septembre 2012, plusieurs centaines d’entre eux sont venus tenter leur chance sur les pentes de cette montagne népalaise, huitième sommet le plus haut du monde. Il faut dire que cette saison, les autorités chinoises ont fermé la frontière avec le Népal et donc l’accès au très apprécié Cho Oyu. Quelques 30 expéditions se côtoient donc au camp de base du Manaslu, certaines ayant délaissé ce fameux Cho Oyu.

Parmi tous ces alpinistes, plusieurs Français très reconnus dans le petit monde de l’himalayisme ou du ski extrême. On trouve notamment Guy Lécluse et Gregory Costa, venus au Manaslu pour en tenter la descente à ski ! Mais aussi Ludovic Challéat, un guide de Chamonix. Après plusieurs semaines d’acclimatation, les équipes sont bloquées par le mauvais temps. Plusieurs jours de neige s’enchaînent, chargeant la montagne. Lorsque le soleil est de retour, des avalanches se déclenchent en tous sens. Enfin, la montagne semblant purgée de ce trop-plein de poudreuse, quelques 25 grimpeurs partent vers le sommet. Ils grimpent de camp en camp pour atteindre le Camp 3 à environ 6.800 mètres où ils ne tardent pas à sombrer dans le sommeil. La plupart comptent se reposer sur place le jour suivant, avant de poursuivre vers le sommet.

Dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 septembre, des séracs encore surchargés par la neige tombée ces derniers jours se détachent aux alentours de 7.400 mètres. Une avalanche large de plusieurs centaines de mètres dévale la pente recouvrant le Camp 3 sur son passage. Le souffle atteint même le Camp 2, endommageant quelques tentes. Mais c’est bien au Camp 3 que la catastrophe a lieu. A environ 4h30 du matin, les grimpeurs sont dans leur tente. Si certains sont réveillés brutalement et s’en sortent blessés, d’autres ont beaucoup moins de chance.

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Les survivants témoignent…

Glen Plake, un skieur extrême américain, raconte ce qu’il a vécu dans sa tente aux côtés du Français Gregory Costa : « j’étais dans mon sac de couchage avec ma lampe frontale, je lisais quand nous avons entendu un rugissement. Greg m’a regardé et m’a dit: ‘C’était une grosse rafale de vent’, puis une seconde plus tard, ‘Non, c’était une avalanche.’ Ensuite, ça nous a touchés. J’ai été balayé sur 300 mètres puis ça s’est arrêté. J’étais immobile dans mon sac de couchage, toujours sous la tente, toujours avec ma lampe frontale allumée. Nous dormions tous avec des systèmes de détection de victimes d’avalanche, alors je me suis frayé un chemin pour sortir de la tente et j’ai commencé à chercher. J’ai cherché pendant 10 minutes avant de réaliser que j’étais pieds nus dans la neige ». Le corps de Gregory Costa avait disparu dans la bataille.

Au moment où l’avalanche déferle, le Français Marc Poncin marche entre le camp 2 et le camp 3. Il raconte à France 3 : « une minute après, j’ai entendu l’avalanche qui m’arrivait dessus. Je ne l’ai pas vue, je l’ai entendue. Et puis immédiatement, j’ai senti le souffle, la neige, la glace, qui m’a emporté. C’était un sentiment effrayant. Je me suis dit c’est la fin ». Il s’en sort choqué mais arrive à regagner le Camp 2 par ses propres moyens.

Un bilan très lourd…

Les recherches débutent dans la nuit et les alpinistes stationnés au camp 2, réveillés par le souffle de l’avalanche, se mobilisent vite pour venir en aide aux victimes. C’est notamment le cas du Canadien Greg Hill qui chausse ses skis de randonnées au plus vite pour monter vers les débris de l’avalanche. Rapidement, il tombe sur un groupe de Français. Elle, Catherine, est dans un état critique. Malgré la présence des premiers sauveteurs, la Française s’éteint quelques minutes plus tard. Le premier hélicoptère arrive peu après le lever du jour pour débuter l’évacuation des blessés. Mais la noria d’hélicoptères ne change rien au résultat : le bilan est très lourd. Notamment pour les grimpeurs français.

Au total, quelques onze grimpeurs ont été tués dans cette terrible avalanche. Parmi eux, les Français Ludovic Challéat, Fabrice Priez, Catherine Ricard, Philippe Bos, Remy Lécluse et Gregory Costa. D’autres victimes sont également à déplorer, un Népalais, un Canadien, un Espagnol, un Colombien, un Allemand et un Italien.  

Illustration avalanche Manaslu © Himalayan Ascent

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