sherpas

Trucs et astuces pour embaucher un sherpa dans les années 1950 !

Dans l’Himalayan Journal n°16 (en anglais), paru en 1951, on pouvait en apprendre un peu plus sur les conditions de travail des sherpas. Dans le texte suivant, intitulé « Porteurs de l’Himalaya », on trouvait le chapitre « Règles pour l’emploi des porteurs sherpas ». Morceaux choisis traduits en français. On y découvre notamment ce que les clients payaient à leurs porteurs en cas d’accidents. Des indemnités pour sherpas en cas d’accidents du travail !

Difficile d’avoir une idée précise de ce que représentent ces sommes dans nos devises d’aujourd’hui. Mais la comparaison entre salaire et compensation en cas d’accident est possible. Un porteur payé 100 par mois qui perdait un doigt gelé gagnait 10 de plus. Un porteur célibataire, engagé pour 3 mois d’expéditions pouvait recevoir 300 de salaire.  S’il mourrait en expédition, sa famille pouvait escompter percevoir 500. L’équivalent de 5 mois de salaire.

Lire aussi : Les sherpas payent un lourd tribut à l’exploitation de l’Everest

Extrait de l’Himalayan Journal

Les prix. Pour les petites expéditions et les expéditions travaillant principalement sous la ligne de neige: Sirdar, 5 roupies par jour; Porteur, 3 roupies par jour. Demi-tarif pour les porteurs revenant à vide au cours de petites expéditions. Pour les expéditions de plus longue durée: Sirdar, 150 à 175 roupies par mois; Porteurs, 100 à 120 roupies par mois.

Avances. 20 à 25 roupies par mois; par exemple. Pour une expédition de trois mois, 60 à 75 roupies est l’avance habituelle, qui doit être payée au moins un mois à l’avance. Le montant ne sera pas remboursé si l’expédition est annulée dans les quinze jours avant le départ. (…)

Aliments. Pour les visites au Sikkim, les porteurs fournissent leur propre nourriture le long des itinéraires, mais la nourriture doit leur être fournie en dehors des routes principales et au-dessus de la ligne de neige. Il est également d’usage de leur fournir des cigarettes.

Équipement. Il doit être fourni par l’employeur, en particulier dans les expéditions d’alpinisme. Certaines petites expéditions ont trouvé moins cher de payer aux porteurs des frais de location pour la fourniture de leur propre équipement, qui est généralement bon et principalement acquis auprès de grandes expéditions étrangères. Les frais de location habituels dans ce cas sont de 20 roupies par mois, payables à chaque homme entièrement équipé.

Train. Les tarifs ferroviaires de troisième classe depuis et vers Darjeeling doivent être payés, plus 2 roupies par jour pour la nourriture.

(…)

Les taux d’indemnisation pour blessures ou décès des porteurs ont été introduits en août 1950 par le responsable politique du Sikkim:

Engagement à verser des indemnités aux sherpas

Je m’engage par la présente à verser à tout porteur, sirdar, ou autre domestique embauché par moi pour les besoins de mon voyage, ou à ses personnes à charge, ou à défaut à son parent vivant le plus proche, une indemnité du barème ci-dessous, en cas de décès de sa rencontre ou subissant une blessure pendant mon emploi:

Blessure :

Perte partielle ou totale d’un doigt ou d’un orteil
(par articulation ou partie d’articulation perdue ou endommagée)
10 roupies
Si index, pouce ou gros orteil20 roupies
Perte partielle ou totale d’un membre150 roupies
Perte de la vue des deux yeux500 roupies
Perte de la vue d’un œil300 roupies

Décès :

Homme marié1.000 roupies
Homme célibataire500 roupies
Femme porteur (mariée ou célibataire)500 roupies

Illustrations © Gac – CC BY-SA 3.0

Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

Voir tous les articles de Arnaud P →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *