Le grand public ne s’intéresse à la montagne que lors de catastrophes !

Quand un principe de psychologie très connu explique l’approche du grand public pour les sujets liés à la montagne…

Il suffit de regarder les sujets « montagne » traités en 2019 par les médias nationaux pour s’en convaincre : avalanches, manque de neige, embouteillages sur les autoroutes enneigées, chutes mortelles… et c’en est fini du traitement des sujets « montagne ». Si on regarde les articles les plus lus sur Altitude.news en 2019, même constat : les accidents, polémiques, controverses et dangers imminents sont sur le devant de la scène. Bref, que du négatif.

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Systématiquement, les articles évoquant une réussite ou un projet enthousiasmant sont moins lus. Et les professionnels de la montagne de s’émouvoir de cet état de fait : « on ne parle de la montagne que quand il y a des morts ! ». Si le constat est globalement vrai, il serait faux de considérer que ce biais ne concerne que la montagne.

Le biais de négativité

Les psychologues sont formels, on retrouve le même biais sur tous les sujets. Ce que les spécialistes appellent « biais de négativité » est une réalité. On accorde naturellement plus d’attention aux mauvaises nouvelles qu’aux bonnes ! Et plus largement à tout ce qui est négatif, par opposition à tout ce qui est positif. Ainsi par exemple, on fera plus cas d’une critique par rapport à un compliment.

Notre cerveau mobilise donc plus de ressource pour traiter une information négative. La faute aux réflexes de survie de l’être humain. Millénaires après millénaires, l’homme a compris qu’il avait plus de chance de survivre s’il prêtait une attention toute particulière aux informations et à leurs interprétations négatives. Depuis l’époque où il furetait dans la forêt pour se nourrir et où un craquement de branche pouvait signifier un danger mortel. Bref « Depuis déjà quelques décennies, la recherche en psychologie a mis en exergue que l’humain est biaisé en faveur de la négativité ».

Si les tenants de la psychologie positive expliquent que ces mécanismes ne sont pas des fatalités, force est de constater qu’ils résistent fortement !

Illustration © DR

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