On m’a volé mon oxygène, j’ai dû abandonner !

Le Britannique Rupert Jones-Warner était dans l’Himalaya en mai pour tenter de décrocher un nouveau record sur l’Everest. Etre le premier anglais à enchaîner l’ascension du sommet le plus haut de la planète par ses deux voies principales. Le 17 mai, Rupert était au sommet après une ascension réussie par le versant népalais. A 27 ans, le grimpeur ne devait pas en rester là. A peine redescendu au camp de base, il faisait le trajet jusqu’au camp de base tibétain sur l’autre versant. Histoire de revenir au sommet en moins d’une semaine.

Deux Everest en une semaine

Rupert Jones-Warner avait déjà tenté cet exploit il y a 3 ans mais le terrible tremblement de terre qui avait affecté le Népal lui avait fait interrompre son expédition. De retour en Angleterre, il n’avait qu’une idée en tête : revenir terminer ce qu’il avait commencé. Mais les choses n’allaient pas se passer comme prévu. Contraint par une fenêtre météo qui n’allait pas tarder à se refermer, il s’est assez vite engagé dans la montée finale. Arrivé à un de ses camps d’altitude, il a eu une bien mauvaise surprise : « c’était à 24 heures du sommet », écrit-il sur sa page Facebook.

En ouvrant une des tentes dans laquelle il stockait du matériel, plusieurs bouteilles d’oxygène avaient disparu. Sans ce précieux équipement, impossible de continuer, le demi-tour était inévitable. De retour au pied de la montagne il était trop tard pour se réapprovisionner en oxygène et repartir. La météo ne le permettait plus.

Les vols ne sont pas rares dans les camps de l’Everest. Plusieurs alpinistes abordent ce sujet depuis quelques années. En 2017, Tim Mosedale se plaignait de la disparition de plusieurs bouteilles au Col Sud, sur le versant népalais. Il ne pouvait cacher son énervement à l’époque : “je ne souhaite généralement de mal à personne, mais si ces putains de voleurs n’arrivent pas au sommet ou redescendent gelés, ben ça sera le karma…”. Dans les dix dernières années, de nombreux cas ont été constatés sur les deux versants. Aux vols d’oxygène, s’ajoutent des disparitions de médicaments ou de sacs de couchage. A cet altitudes, l’absence de ces équipements peut pourtant être fatale. High Crimes, un livre de Michael Kodas traduit en français aux Editions du Mont Blanc abordait en 2015 ce sujet de la criminalité sur l’Everest.

Illustration (c) FB Rupert Jones-Warner

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