trèfle des rochers

Une espèce protégée en question après la catastrophe de La Bérarde

Dans un monde en quête de coupables, les malheureux habitants du petit village de La Bérarde pourraient bien trouver le leur. En l’occurrence le trèfle des rochers et la règlementation qui tente de préserver cette espèce… Explications.

Le village de La Bérarde a été ravagé par la crue des torrents alentours mais celle-ci aurait peut-être été atténuée par des travaux prévus depuis quelques années. Des aménagements qui n’avaient pas démarré notamment à cause de la présence sur le site d’une espèce rare et protégée. Le trèfle des rochers. Classé vulnérable au niveau de la région, et sur la liste rouge des espèces menacées au niveau européen et mondial. Une étude complémentaire sur la flore du vallon avait été lancée, dans l’optique d’obtenir malgré tout l’autorisation de réaliser ces travaux. C’est en 2026 que l’étude devait rendre son verdict selon Europe 1. L’autorisation préfectorale nécessaire à ces travaux n’était donc pas encore d’actualité. Trop tard, le torrent a emporté une bonne partie du village. Et pas mal de trèfles avec.

Petite Histoire de la Protection du Haut-Vénéon, classement déclassement, reclassement !

Les rapports du petit village, commune de Saint Christophe en Oisans, avec la protection de la nature et leurs avatars locaux, le Parc National des Ecrins et la Réserve du Haut-Vénéon, n’ont pas été un long fleuve tranquille. Comme d’ailleurs dans beaucoup de communes concernées par le classement de tout ou partie de leur territoire. Autour de la Bérarde, on trouve la Réserve Nationale de la Haute Vallée du Vénéon. C’est elle qui crée un certain nombre de contraintes dans son objectif de préservation de l’environnement. A sa création, la « Réserve du Haut-Vénéon (…) a été imposée à Saint-Christophe en Oisans, malgré un refus formulé par le Conseil Municipal (…) et de nombreuses pétitions » peut-on lire dans un article de 2023 sur l’acceptation sociale des réserves naturelles.

Au début des années 2000, la réserve avait été déclassée. En échange de travaux d’aménagement esthétique et de l’intégration d’autres territoires dans le Parc National. Un accord, décrié par nombre d’administrés hostiles au parc, qui contribua au changement de majorité municipale. 10 ans plus tard, la réserve est à nouveau classée et les oppositions se sont affaiblies. La « faible participation à l’enquête publique (…) souligne toutefois une acceptation tacite » selon les termes du ministère rapportés par l’article précédemment évoqué. Des contraintes sur l’élévation des digues sont donc réapparues en 2012 lors du reclassement de la réserve.

Si la lourdeur de certaines procédures est peut-être à questionner quand l’urgence de certains aménagements peut (supposément) éviter des catastrophes, la protection de certains sites s’intègre dans une histoire complexe et mouvementée. C’est le cas autour de La Bérarde.

Illustration © F. Anthelme, CC BY-SA 4.0

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Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

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