sauvée au Nanga Parbat

Elisabeth Revol, sauvée au Nanga Parbat !

Dimanche à 10h30 heure française, Elisabeth Revol était dans l’hélicoptère qui la menait à l’hôpital d’Islamabad. Le sauvetage prenait fin. Retour sur les 72h précédentes.

Après le sommet, les complications

Après avoir atteint le sommet du Nanga Parbat à quelques 8.126m d’altitude, la descente d’Elisabeth Revol et Tomek Mackiewciz ne se passent pas comme prévu. Quelque part entre 7.000m et le sommet, la française lance un appel à l’aide. Elle explique que Tomek souffre de plusieurs maux, notamment d’ophtalmie des neiges.

Elle parvient à l’aider à atteindre les 7.300m où elle l’aide à s’installer, abrité dans une tente. Son état se dégrade et Elisabeth commence à elle aussi souffrir, notamment de gelures. Pendant ce temps, les secours s’organisent. L’équipe d’alpinistes polonais en train de préparer l’ascension du K2, à 200km de là, le comprend vite : ils sont la seule chance du duo en perdition sur le Nanga Parbat. Ils sont les seuls, acclimatés à l’altitude, capables de faire quelque chose.

Les polonais à la rescousse

Des contingences matérielles, diplomatiques et financières font traîner le décollage des premiers hélicoptères mais finalement, samedi 27 janvier en fin de matinée, ils parviennent à récupérer 4 alpinistes polonais au camp de base du K2. Quelques heures plus tard, ils sont droppés à environ 4.800m sur les pentes du Nanga Parbat. Deux cordées s’organisent : en tête Adam Bielecki et Denis Urubko. Les deux autres vont rester en arrière pour préparer un camp pour accueillir Elisabeth Revol.

Ils attaquent immédiatement l’ascension, à la lueur de leurs lampes frontales. Pendant 9h non-stop, ils vont grimper près de 1.200m de dénivelé sur les pentes glacées de la voie Kinshofer à + de 60°. Une prouesse phénoménale. La française, bien que touchée par des gelures aux pieds, continuait alors péniblement de descendre. Ils se sont retrouvés aux alentours de 6.000m. Les polonais ont alors pu la prendre en charge et l’aider à rejoindre un camp de fortune installé pour l’occasion pour lui prodiguer les premiers soins.

Les deux sauveteurs de la cordée qui est allée à sa rencontre, Denis Urubko et Adam Bielecki ont réalisé une véritable prouesse que l’on peine à entrevoir. Mais les conditions hivernales, les difficultés de la voie et la nuit ne les ont pas freinés. Denis confiera quelques heures plus tard à Desnivel : “c’était une expérience merveilleuse d’aider à survivre une personne aussi extraordinaire qu’Elisabeth”.

adam bielecki
Denis & Adam avec Elisabeth Revol avant de monter dans l’hélicoptère (Photo Adam Bielecki)

La descente et la décision

Dès les premières lueurs du jour, la descente a continué vers un point d’extraction où un hélicoptère devait pouvoir venir les récupérer. Le temps compliquant l’approche, le groupe a du descendre encore plus bas, jusqu’au camp de base du Nanga pour monter dans l’hélicoptère.

Dans la nuit, une difficile décision a été prise. Les conditions d’altitude et de météo rendent alors la montée jusqu’à Tomek Mackiewicz trop dangereuse. La tempête arrivait et les risques qu’aucun des sauveteurs ne puissent en revenir étaient trop importants.

Eric T.

Eric, spécialiste de l'univers de la montagne, a mis son baudrier et ses crampons de côté pour rédiger des articles pour : Altitude.news. Business, Nature et Alpinisme sont les trois rubriques principales dans lesquelles vous pouvez retrouver ses articles. Ce montagnard d'adoption est à l'affût d'histoire et d'anecdotes insolites à partager avec ses lecteurs. Pour le contacter directement : eric@altitude.news !

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2 réflexions sur « Elisabeth Revol, sauvée au Nanga Parbat ! »

    1. Les secours ont pu être activés et ont reçu des indications utiles à leur déploiement par un seul intermédiaire : le routeur d’Elisabeth Revol, basé en France. Pour ce qui est de l’intervention de la France, par le biais notamment de son ambassade au Pakistan, on n’en sait rien. Les Polonais semblent dire que c’est de leur côté que tout a été géré. Pour autant, dans une telle crise à gérer, il est plus efficace de limiter le nombre de décideurs et d’intervenants. Avec l’équipe de sauvetage qui était également polonaise, il est probable que la Pologne seule ait pu gérer plus efficacement la situation que si deux nations s’en été mêlées. Quoiqu’il soit, tout ceci n’est que théorie, nous n’avons pas d’informations précises là-dessus.

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