Clémentine ou la montagne au féminin, décomplexée

Clémentine Junique a 27 ans et un agenda de ministre. Elle vient de poser sa combinaison de monitrice de ski et se prépare à rejoindre son bureau de coordinatrice marketing chez l’équipementier Blue Ice. Entre ces deux activités, elle accepte de nous parler de la troisième : l’association Girls To The Top !

Une montagnarde pure souche

Aujourd’hui basée dans la vallée de Chamonix, elle a la montagne dans ses gènes. Originaire de l’Oisans, cette fille de gardienne de refuge et de guide de haute montagne a passé son enfance au pied de la Meije, l’hiver à l’Alpe d’Huez, l’été du côté de la Bérarde. « Toujours partante pour une sortie en montagne », elle suivait ses copains, son père, ses oncles… jusqu’au jour où l’un d’eux lui a proposé de prendre la tête de la cordée. « J’avais 21 ans et j’ai dû expliquer, au pied de la voie, que je savais même pas poser un relais (…) j’étais juste une super seconde, j’étais jamais vraiment passée devant ».

Avec ses amies Alice Grenier et Anais Verbrugge, elle commence alors à pratiquer la montagne différemment. Entre filles. Pas de pression mais pas non plus de « garçon pour te tirer de là », alors bon-gré mal gré, elles commencent à gagner en confiance et à réaliser de belles voies. C’est cette conception de la montagne, orientée vers le plaisir de grimper, qu’elles ont alors envie de promouvoir. A l’heure où les « grands » alpinistes sont ceux qui réalisent des exploits, souvent dans la souffrance, les filles vantent leur approche. Cool et décomplexée.

La naissance de Girls To The Top

Elles commencent leur aventure par la réalisation d’un film. Un film consacré à des femmes qui, au Népal, en Chine ou en Inde, pratiquent la montagne à leur manière. Ces rencontres inspirantes finissent de leur donner la conviction que leur association peut permettre à des femmes d’ « accéder à la montagne ».
« On avait 23 ans à l’époque quand j’ai proposé ce voyage à Alice. Et on n’a pas voulu en rester là, on voulait partager cet état d’esprit avec nos amies, puis les amies de nos amies… ».

C’est ainsi que va naître l’association Girls To The Top. Loin d’être des forcenées du militantisme féministe, Clémentine et Alice créent alors une véritable communauté. Par le biais de cette structure, des filles de tous niveaux se rencontrent et font des projets. Une sortie à ski par-ci, une grande voie par-là. « ça s’est fait tout seul, on s’est vraiment rendu compte qu’il y avait un besoin ».

Asso Femme MOntagne
Photo de famille pour clôturer une session de formation pour les adhérentes

Une communauté de filles actives

Dans le cadre de cette « communauté de filles actives », les échanges sont nombreux. Plusieurs fois par an, l’association propose même des week-ends autour d’un sujet, comme dernièrement la sécurité en montagne. Les adhérentes peuvent ainsi acquérir de nouvelles compétences et surtout gagner en confiance. Ensuite elles pratiquent « la montagne un peu différemment avec les garçons (…) on a une meilleure perception de nos capacités, on est beaucoup plus capables de donner notre avis et d’apporter autant qu’eux ! ».

En quelques années, les adhérentes – surtout Rhône-alpines – sont déjà quelques centaines. Et Clémentine l’affirme sincèrement : « il y a des tas de filles intéressées dans les Pyrénées, à Paris (…) on va élargir notre communauté ! ». En attendant, c’est une équipe de sept bénévoles qui, à l’image du duo de fondatrices, font vivre cette belle initiative : « les filles se rencontrent, sortent en montagne (…) certaines se mettent à la montagne grâce à nous (…) et on crée de belles histoires d’amitié, c’est bien çà le plus important ».

En savoir plus

Pour adhérer, rien de plus simple, quelques clics suffisent !
Et le film qui a marqué le début de l’aventure Girls To The Top :

Illustrations : crédits photos Girls To The Top | Photo principale © Monica Dalmasso

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