Peu de grands alpinistes félicitent Nirmal Purja, certains le critiquent…

L’américain Conrad Anker, la superstar Reinhold Messner ou encore l’himalayiste hivernal Simone Moro. Tous trois ne mâchent pas leurs mots pour féliciter le Népalais Nirmal Purja, alias Nims Dai. Il y a quelques jours, ce dernier bouclait son Project Possible. 6 mois et 6 jours pour réaliser l’ascension des 14 sommets de plus de 8.000 mètres que compte la planète. Mais la communauté des alpinistes est partagée. Elle n’acclame pas un nouveau héros.

De nombreux grands noms de la discipline gardent le silence. Pour ne pas dire qu’ils désapprouvent la méthode. Il faut dire que Nims a réalisé son défi à grand renfort de bouteilles d’oxygène, de cordes fixes et d’hélicoptères. Loin du style alpin que chérit l’élite mondiale de l’alpinisme : ouverture de nouvelles voies, refus du recours à l’oxygène supplémentaire, pas d’aide extérieure… La réalisation de Nims Dai à de quoi sérieusement déplaire à Sir Chris Bonington. « Ce qu’il a fait est tout à fait extraordinaire mais ce n’est pas de l’alpinisme » a-t-il déclaré. Sans doute pas le même alpiniste que celui pratiqué par la légende britannique, à coup sûr. Mais tout le monde n’est pas si abrupt…

Une réussite unique pour Messner

« C’est une réussite unique de l’alpinisme dans sa logistique, sa diplomatie et son exécution, réalisée exactement comme annoncée (…) Nirmal Purja a réussi à faire ce que certains alpinistes d’Occident avaient déjà annoncé il y a des années mais sans s’y lancer, encore moins y arriver  » a déclaré Reinhold Messner. Au milieu des années 1980, il était devenu le premier homme à gravir tous les sommets de 8.000 mètres. Une quête qu’il avait réalisée en près de 16 ans.

Conrad Anker, qui suivait les ascensions de Nims depuis plusieurs mois, a tweeté un simple : « Bravo à Nims Dai et son équipe ! »

La fin magistrale du spectacle pour Moro

Simone Moro loue « une logistique parfaite, une stratégie efficace, une équipe très forte, une endurance physique et mentale extraordinaire, une capacité de communication et de diplomatie ». Il ajoute également « En 30 ans d’expéditions et d’expériences en haute altitude, je ne peux pas lister plus de 10 personnes qui avec les mêmes moyens auraient atteint le même résultat ».

Ce dernier se permet également de réfléchir au sujet posé par Nims. Il vient de réaliser une prouesse dans l’univers du « tourisme de haute altitude », désormais ce n’est plus sur les 8.000 que l’on pourra « attirer l’attention des médias, des sponsors » avec des ascensions de ce style. Il vient de « mettre un point final magistral au spectacle ». Car désormais, « chacun pourra dire ‘Oui, mais regarde Nims a tout gravi d’un coup alors que toi tu veux me vendre ton ascension de ce seul sommet comme quelque chose d’exceptionnel’ ? ». Simone Moro conclue « ce n’est plus la peine de collectionner les 8.000 si le but est d’être un explorateur, un aventurier ».

Lire aussi : Les approximations des médias sur le défi de Nims Dai

Illustration © Nirmal Purja

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