Deux Français partent pour le K2 en hiver, objectif: camp de base

Plusieurs expéditions sont en cours de préparation pour cet hiver. Simone Moro et Tamara Lunger se préparent à une enchaînement des Gasherbrum I et II, depuis leur laboratoire de Bolzano. Denis Urubko, Don Bowie et Lotta Hintsa devraient partir pour le Broadpeak vers le 12 décembre. Jost Kobusch se prépare pour son Everest en solitaire.

Côté K2, seule l’expédition du guide d’Imagine Nepal , Mingma Gyalje Sherpa, semblait en passe de se concrétiser. Dans une récente communication, Mingma a annoncé qu’il travaillait encore sur son budget. Même s’il se veut rassurant « nous n’annulons pas notre expédition par manque de financements », on peut commencer à douter de la faisabilité de son entreprise. A l’heure où il ne devrait plus tarder à se mettre en marche pour le camp de base, il continue de faire les comptes…

Deux Pyrénéistes en route pour le Baltoro

Un autre projet était relativement passé sous silence jusqu’ici. Il est la volonté de deux Français originaires des Pyrénées. En l’absence de sponsors majeurs et compte tenu de l’expérience des protagonistes, on pouvait penser que ce projet ne se concrétiserait pas. Pourtant ce week-end, les deux hommes, 40 et 25 ans, se sont envolés pour le Pakistan. Ce matin, ils étaient à Skardu, au nord du pays, si l’on en croit la photo où ils posent au pied de leur avion.

Objectif affiché : la première ascension hivernale du K2, seul sommet de plus de 8.000m à n’avoir jamais été gravi en hiver. Un article paru la semaine dernière dans La Dépêche du Midi évoque « deux pyrénéistes confirmés ». Il s’agira pourtant de leur première expérience himalayenne. Le K2 en hiver comme découverte des 8.000 ? Voici une approche qui fait bondir les spécialistes qui considèrent que c’est de la folie pure. D’autant que les deux hommes, par principe ou faute de financement, ont choisi le style le plus dépouillé possible.

Le style alpin minimaliste comme credo

Pas de porteur, pas d’équipe au camp de base, pas de corde fixe et pas d’oxygène. On imagine déjà mal comment ils pourront acheminer de quoi survivre plusieurs mois au camp de base sans aucune aide : « nous passerons jusqu’à 60 jours au camp de base » écrivent-ils sur leur site internet. Quand on sait la quantité de calories qu’il faut ingérer pour faire face au froid permanent et à un effort physique important, on peut se questionner.

Pas de permis d’ascension

Quant à la suite, l’ascension en tant que telle, elle est loin d’être gagnée. Une source proche des autorités pakistanaises nous confiait d’ailleurs que le duo ne disposait au 29 novembre que d’un permis de trekking pour atteindre le camp de base. Est-ce que cette expédition n’en est pas une ? Ont-ils d’ores et déjà abandonné l’idée du sommet ? Avec les conditions hivernales de la région et l’expérience de ces deux garçons, peut-être vaut-il mieux que ce soit le cas.

Les internautes observateurs ne prennent pas beaucoup de gants. Sur un forum bien connu des grimpeurs, la conclusion est claire : « chacun est libre de délirer à sa guise », « Leur projet est du même ordre que vouloir sauter du 8ème étage en étant convaincu d’arriver indemne au sol ». Certains mettent même en doute l’essence même du projet : « c’est ce que je craignais : ça ressemble à un troll fait pour faire le buzz », « Bravo pour ce troll de haut niveau ^ » ! S’il s’agit bien d’un troll, cet article ne fait que le renforcer…

Mise à jour 2/12/19 – 12h08

La réponse des intéressés

Suite à la publication de ces quelques lignes, la réaction ne s’est pas faite attendre. Et la clarification également. Il s’agit là de la première partie de leur projet, baptisée “reconnaissance et analyse du versant sud de la paroi du K2”. Les informations recueillies lors de cette première expédition jusqu’au camp de base permettront de préparer une seconde phase qui pourrait aller jusqu’au sommet.

Mise à jour 06/12/19 – 11h12

Les Français détenus à Skardu

Contrairement à ce que précisait ExWeb, repris par certains blogs et forums, les deux Français n’auraient pas été détenus à Skardu. Ils auraient été interrogés par les autorités sur leur projet précis, rien de plus. A l’issue de ces discussions, ils seraient partis vers Gilgit. Du reste, à cette heure, leur tracker les indique bien loin de Skardu, dans la région de Rupal (proche du Nanga Parbat)

Illustration © DR. Photo K2 S. Nikologianis FlickR

1 COMMENTAIRE

  1. En tout cas, si des grimpeurs ne mourraient pas de leur passion, ces mecs m’auraient permis de me faire une bonne grosse barre! Seulement des mecs meurent sur la montagne.
    Vous avez vu la photo où ils posent avec leur matos?? Rien de ce qui coûte un peu d’argent n’y est présenté. Même pas une paire de grolles adéquate. Même leur duvet semble dater. Soyons sérieux! Je ne comprends même pas que vous donniez de la visibilité à cette farce de mauvais goût. Et ce qui est d’autant plus gênant, c’est qu’il y ait une page « don » sur leur site. Et relayer cette farce, c’est les aider à faire du fric sur le dos de gens crédules

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