oxygène himalaya

« Je me suis promis de toujours grimper les 8.000 avec de l’oxygène ! »

Dans cette interview (en anglais), l’ancien membre des forces spéciales britanniques Nirmal Purja revient sur un sujet sensible en Himalaya. L’utilisation de l’oxygène. L’élite de l’alpinisme est quasi-unanime : grimper un 8.000 avec de l’oxygène en bouteille n’a aucun sens. Le véritable exploit réside dans la non-utilisation du précieux gaz. Purja ne partage pas cet avis général : « gravir des montagnes extrêmes n’est pas une question d’ego, c’est être soi-même ».

L’oxygène ? une vieille habitude…

A une altitude où la quantité d’air naturellement disponible est très faible , l’utilisation de bouteille était une pratique courante aux débuts de l’himalayisme. Quand Edmund Hillary et Tenzing Norgay foulent le sommet de l’Everest pour la première fois de l’histoire en 1953, ils sont aidés par des bouteilles d’oxygène (en anglais). Qui pesaient un bon 18kg… De nos jours, ce sont les expéditions commerciales qui en ont fait un standard. 99.8% des sommets réussis en 2019 à l’Everest utilisaient de l’oxygène supplémentaire.

Un outil indispensable

Nirmal Purja, alias Nims Dai, a récemment bouclé l’ascension de tous les 8.000 de la planète. 14 sommets gravis en un peu plus de 6 mois. Un record à peine croyable qui n’aurait certainement pas été possible sans oxygène en bouteille. Il le sait et ne prétend pas ne pas en avoir utilisé. A l’inverse, il affirme que c’est une évidence pour lui.

« En 2016, j’étais à l’Everest pour une tentative en solitaire. J’ai croisé une alpiniste en perdition, laissée par son équipe. De nombreux grimpeurs ce jour-là sont passés à côté d’elle. (…) J’ai tout fait pour l’aider à descendre de 8.450 mètres à 7.950 mètres, hors de la zone de la mort. Ce sauvetage a été la chose la plus dure de ma vie (…) si j’avais été là sans oxygène, en me connaissant, je serais mort en essayant de la sauvé ou je n’aurais pas réussi ». Sa conclusion est sans appel : « ce jour-là, je me suis fait une promesse, grimper avec de l’oxygène ».

Comprendre, il n’en a pas besoin pour lui mais pour les autres. Force est de constater que ces derniers mois, il a participé – pendant sa tentative de record – à plusieurs sauvetages à des altitudes très élevées, notamment sur l’Annapurna.

Illustration © DR

Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

Voir tous les articles de Arnaud P →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *