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Maladies au K2 : on ne guérit pas en haute altitude !

L’alpiniste espagnol Carlos Garranzo vient d’abandonner sa tentative d’ascension du K2 en hiver. Il était malade depuis des semaines. Sans parvenir à guérir. Il faut dire que la haute altitude complique considérablement les choses. Comment réagit notre organisme à 5.000 mètres ?

MISE A JOUR 13/01 : Carlos Garranzo a été évacué en hélicoptère vers Skardu, comme rapporté par Chhang Dawa Sherpa, patron de Seven Summit Treks.

On tombe plus facilement malade en haute altitude !

La puissance des rayons ultra-violets, le manque d’oxygène, une hygiène souvent plus approximative, les conditions météo hostiles (le froid notamment), la promiscuité entre les membres d’expéditions. Autant de facteurs de stress pour les organismes. Et si le corps humain peut facilement s’habituer à vivre à 2.000 mètres d’altitude, c’est une toute autre histoire à 5.000 mètres (altitude approximative du camp de base du K2).

Les infections gastro-intestinales sont fréquentes, les infections respiratoires également (lien en anglais). Ces dernières sont favorisées par l’air froid et sec, par le manque d’oxygène ou encore l’air pollué dans les tentes (notamment celles équipées de poêles à kérosène). Rares sont les alpinistes en expédition qui échappent à une méchante toux. Comme la toux du Khumbu dans la vallée de l’Everest. Ces difficultés respiratoires ne sont pas à prendre à la légère, elles peuvent favoriser le développement du Mal Aigu des Montagnes (MAM). Dans certaines conditions, le MAM peut se révéler fatal, entraînant des œdèmes de haute altitude. La peau est également mise à mal, avec le manque d’hygiène, le froid et ses conséquences (gelures) et l’exposition aux UV.

Maladies en haute altitude : on guérit très difficilement

Plusieurs études, sur des animaux et des humains, expliquent que le système immunitaire est défaillant en situation d’hypoxie. Une petite infection que l’organisme guérirait seul en quelques heures ou quelques jours au niveau de la mer pourra ainsi durer des semaines en haute altitude, même avec l’aide de médicaments aux principes actifs puissants. Plus précisément, les scientifiques ont remarqué que l’hypoxie (le manque d’oxygène) avait un effet sur les lymphocytes T. Ces derniers, qui représentent quelques 80% des lymphocytes qui circulent dans le sang, aident l’organisme à lutter contre les microbes, bactéries, virus ou champignons. Leur fonctionnement est altéré par le manque d’oxygène. L’organisme n’est donc plus capable de se défendre seul contre certaines attaques qui paraitraient bénignes au niveau de la mer.

Une simple égratignure mettra plus de temps à guérir en haute altitude. En cause, le plus faible niveau d’oxygène qui parcourt les tissus et l’augmentation des hormones de stress. Le risque d’infection de plaies bénignes n’est pas à exclure.

Bien souvent, quand les infections sont trop avancées, on ne peut les traiter au camp de base. D’autant que l’équipement médical et l’accès aux médicaments sont limités. La seule véritable solution est de perdre de l’altitude. Le système immunitaire se remet alors à fonctionner plus « normalement » et la guérison peut intervenir.

Illustrations Camp de base de l’Everest, tente médicale © DR

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Une réflexion sur « Maladies au K2 : on ne guérit pas en haute altitude ! »

  1. Bonjour
    Une supplémentation en vitamine C liposomale et en sirop à la propolis ne pourrait elle pas aider le système immunitaire et respiratoire ?

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