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Tout commence en 1988 quand Gary Ball et Rob Hall se rencontrent. Ces deux alpinistes néo-zélandais deviennent alors compagnons de cordée et se lancent dans des projets toujours plus risqués pour séduire leurs sponsors. En 1990, ils gravissent les « 7 summits », les sept plus hauts sommets de la planète parmi lesquels l’Everest, l’Aconcagua ou encore le Vinson, en Antarctique.

Depuis 1985, plusieurs alpinistes ont réussi cet enchaînement mais leur exploit est à trouver du côté du chronomètre. Sept mois seulement ont été nécessaires aux 2 amis pour réaliser l’ensemble. Leur popularité en Nouvelle-Zélande va grandissante et les sponsors sont prêts à les suivre sur des projets encore plus fous. Mais ils vont mettre de côté ces aventures de plus en plus risquées pour se lancer dans un business d’un genre nouveau.

Rob & Gary
Rob & Gary (DR)

Le business de l’Everest

En 1991, ils créent Hall and Ball Adventure Consultants, une société dédié au tourisme de haute altitude. Leur offre ? Emmener des clients au sommet de l’Everest. A cette époque là, Gary et Rob sont des pionniers. C’est le tout début des expéditions commerciales à l’Everest. La même année, les américains d’International Mountain Guides arrivent pour la première saison an Népal, et quelques autres agences sont en train de se monter. En quelques années, ils emmènent au sommet de la plus haute montagne du monde de richissimes clients du monde entier, capables de se payer une telle ascension (et de la réussir).

En 1993, les deux néo-zélandais arrivent à caler une ascension du Dhaulagiri dans leur agenda surbooké. Il ne s’agit pas d’une expédition commerciale, mais d’un sommet de plus pour les deux amis alpinistes. Sur l’arête Nord-Est, à près de 6.500m, un œdème pulmonaire emporte Gary qui meurt littéralement dans les bras de Rob. Quelques années plus tôt, Gary avait déjà montré sa faible résistance au mal de montagnes sur le K2 : il avait du redescendre en catastrophe et avait failli y rester. Mais enterrer son compagnon dans les crevasses du Dhaulagiri ne va pas faire reculer Rob. Le business continue. Avec ce slogan accrocheur :  « Everest : 100% de réussite ».

La tragédie de 1996

Trois ans plus tard, le printemps à l’Everest sera catastrophique. Le 10 mai, l’expédition d’Adventure Consultants fit une tentative vers le sommet. Entre le camp à 7.900 mètres et le sommet, leur cordée perd un temps précieux. D’autres expéditions se retrouvent ralenties, comme celle de Mountain Madness, la société de l’américain Scott Fischer. A 14h, il faut faire demi-tour sinon le camp ne sera pas rejoint avant la nuit. A cette heure avancée, certains alpinistes sont parvenus au sommet, mais pas tous. Un des clients de Rob, Doug Hansen, refuse de faire demi-tour, voulant atteindre à tout prix le sommet.

D’autres continuent et arrivent en haut aux alentours de 16h alors que le mauvais temps s’est levé. Ils sont fatigués, à cours d’oxygène et les conditions deviennent particulièrement dangereuses. Un autre guide d’Adventure Consultants, Andrew Harris, va tenter de leur porter secours. Une de leur cliente japonaise descendant vers le camp mourra à quelques centaines de mètres des tentes. Rob Hall, Andrew Harris, Doug Hansen, de même que Scott Fisher ne redescendront pas. Avec les autres décès de la journée et du reste de la saison, ce sont près de 15 personnes qui ont péri en 1996 sur l’Everest, faisant de cette année l’une des plus meurtrières de l’histoire de la montagne.

Une histoire sans fin

Quelques mois plus tard, Adventure Consultants menait déjà une nouvelle expédition, à l’automne 1996 au Cho Oyu. Entre temps, Guy Cotter avait repris le flambeau laissé par Rob Hall. En 2015, l’avalanche qui a frappé le camp de base (suite au terrible tremblement de terre népalais) a emporté 6 sherpas employés par Adventure Consultants.

L’organisation existe toujours aujourd’hui et reste considérée comme l’une des agences les plus sérieuses s’agissant de gravir l’Everest. En 2017, 70% des clients de l’agence sont arrivés au sommet. Au total, Adventure Consultants a emmené 313 clients au sommet depuis sa création en 1991.

En avril prochain, ils lancent leur prochaine expédition à l’Everest, il est encore possible de réserver !

 

EN VOIR PLUS > L’épopée de 1996 est racontée par John Krakauer dans son livre Into Thin Air (l’auteur était au sommet de l’Everest ce jour tragique de 1996) et a été adaptée en film en 2015 : Everest de Baltasar Kormakur. Voir la bande annonce.

 

Illustration principale Business Everest : Eperon des Genevois, Everest © Lloyd Smith

Adventure Consultants ou le business de l’Everest
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