Les (faux) pouvoirs magiques du sel rose de l’Himalaya !

Quelques siècles avant J.C, le célèbre Alexandre le Grand arrêta son armée dans le Penjab, fraîchement conquis. Fatigués par leur route et leur dernière bataille, les chevaux commencèrent à lécher les roches qui affleuraient. Les soldats eurent du mal à les en décoller tant ils y prenaient goût. Les dépôts de sel présents sur les rochers étaient de véritables gourmandises pour les équidés. Les premiers gisements de sels roses de l’Himalaya venaient d’apparaître. Aujourd’hui, on en retrouve dans les épiceries fines, les magasins Bio et jusque dans les supermarchés. D’où vient ce sel ? Et a-t-il des vertus particulières ?

Un Himalaya très approximatif

Nous voici dans le Penjab pakistanais. La région du pays la plus peuplée, avec près de 110 millions d’habitants. A Khewra, 100 kilomètres au sud d’Islamabad se dresse une imposante mine de sel. Elle n’est autre que l’une des plus grandes exploitations minières de sel au monde, installée sur les contreforts de la Chaîne du Sel, des petites montagnes qui se sont formées à la suite de la collision entre les plaques indiennes et eurasiatiques. Comme l’Himalaya. Sauf que l’Himalaya est bien plus loin, plusieurs centaines de kilomètres plus au Nord et plus à l’Est.

C’est pourtant de cette mine que proviennent les Sels de l’Himalaya que l’on retrouve sur les étals de nos épiciers ou dans nos supermarchés occidentaux. Ce sel de l’Himalaya vient donc d’une région du Pakistan assez peu himalayenne. Si la mine est également une destination touristique prisée, elle reste le lieu d’un travail dur, et dangereux. Dans la vidéo ci-dessous, consacrée à la mise de Khewra, vous ne comprendrez peut-être pas tout, mais vous aurez une idée des conditions de travail des mineurs.

Des vertus discutables

« le sel le plus pur du monde » « sa pureté est inégalable » « des particules minérales totalement naturelles » « des effets sur les reflux gastriques » « dissout les toxines du corps » « prévient l’arthrose ou les rhumatismes » « stocke l’énergie vibratoire » « augmente la libido » « détoxifiant et exfoliant » ! Toutes ces descriptions viennent d’emballages de sel ou de sites de vente en ligne. Comment ne pas foncer s’en acheter à la lecture de ces arguments imparables ? Pourtant, à y regarder de plus près, sous la couche marketing, la surprise est de taille.

Pour un sel pur, le sel rose n’est pas le premier de la classe. Si la composition principale de tous les sels est la même, les sels marins contiennent de l’iode, indispensable à une bonne santé. Le « sel rose de l’Himalaya » ne contient pas d’iode mais de nombreux résidus de minéraux, qui lui donnent notamment cette couleur rosée plus ou moins soutenue. Ce colorant naturel n’est autre que du fer. On retrouve d’autres traces de minéraux, tels que le zinc, le cuivre et bien d’autres. Tous en quantité infinitésimales. Ce sel n’est donc pas si pur, pas plus qu’un sel marin que l’on trouve sur les côtes françaises.

A consommer en connaissance de causes

Quant aux multiples effets sur l’organisme, la plupart n’a jamais été scientifiquement prouvée. Pour les autres, c’est l’effet bénéfique et indispensable du sel dans notre alimentation (en quantité très limitée) qui est à créditer, pas spécialement celui du sel de l’Himalaya.

Enfin, le « stockage d’énergie vibratoire » demeure hautement ésotérique ; la science n’a jamais rien démontré de tel. Les faits, eux, sont plus coriaces. Ce sel n’est pas de meilleure qualité que le sel marin, il n’est pas meilleur pour la santé. Il est produit à plusieurs milliers de kilomètres d’Europe, par des mineurs qui travaillent dans des conditions très dures. Ni bio, ni écolo, ni responsable, ce sel rose de l’Himalaya est pourtant en tête de gondole dans les magasins Bio. Le prix de vente est de 3 à 10 fois plus cher que le sel marin. A acheter et consommer en connaissance de causes !

Illustration © DR

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