Le Cachemire : ce coin de montagne si meurtrier

Remis en lumière par l’actualité récente, le conflit au Cachemire ne s’était pourtant jamais arrêté. Un récent attentat à la voiture piégée a ravivé des tensions très anciennes. Mais d’où vient cette situation si tendue ? Explications.

C’est en 1947 que les choses ont commencé à se gâter au Cachemire, cette région alors au cœur de l’Inde britannique. En août 1947, l’Empire britannique rend son indépendance aux Indes. A la faveur de la lutte pacifique de Gandhi, la couronne britannique recule. Sont alors créé trois états : l’Inde, le Pakistan occidental et le Pakistan oriental (qui deviendra le Bangladesh). Les frontières ne sont pas simples à dessiner dans certaines zones. C’est notamment le cas du Cachemire, à cheval entre Inde et Pakistan occidental (futur Pakistan).

Le Cachemire, d’abord indépendant…

A l’heure de l’indépendance, le Cachemire conserve une forme d’indépendance et ne bascule pas immédiatement d’un côté ou de l’autre. A sa tête, Hari Singh, un maharadjah hindou qui regarde plutôt vers l’Inde. Dans ses montagnes, une population largement musulmane, qui se tourne plutôt vers le Pakistan. Alors que la situation tarde à se clarifier, Singh souhaitant conserver son indépendance, c’est le début de la première guerre indo-pakistanaise. Des troupes tribales venues du Pakistan envahissent le Cachemire. Le maharadjah demande alors le soutien militaire de l’Inde. Les affrontements redessinent alors les frontières dans la région.

Un découpage contesté

Depuis, le Cachemire est de facto à cheval sur trois pays : Pakistan, Inde et Chine. Si la démarcation entre Chine et Inde a provoqué des conflits notamment en 1962, c’est sur la frontière indo-pakistanaise que se concentrent les principales tensions. En 1965, la deuxième guerre indo-pakistanaise débute. 7.000 morts plus tard, l’ONU plaide pour un arrêt des combats alors que la Chine menace de s’en mêler militairement et que les Etats-Unis et les Russes commencent à prendre part aux discussions. On en revient alors aux frontières en vigueur quelques années plus tôt.

Depuis la fin de ces conflits meurtriers, rien n’est résolu. Le Pakistan continue d’essayer d’infiltrer le Cachemire indien, l’Inde lutte contre ses propres citoyens désireux de voir leur région basculer vers le Pakistan. Et les morts se comptent encore en milliers, entre combats, attentats et répression.

Un conflit sans fin !

Aujourd’hui encore, les frontières renouvelées à l’issue de ce conflit sont contestées. Au-delà de l’incohérence de territoires mal dessinés en fonction des religions majoritaires, d’autres enjeux se cachent derrière ces conflits. Il faut dire que la région est stratégique, notamment s’agissant du contrôle de l’eau du bassin de l’Indus, qui irrigue toute une partie du Pakistan. La partie chinoise, elle, est vitale aux yeux de Pékin car elle permet de relier efficacement deux provinces (Tibet et Xinjiang). Le Pakistan revendique toujours la partie indienne du Cachemire. Sur les presque 7 millions d’habitants de la partie  indienne, on dénombre environ 5 millions de musulmans.

Ces tensions ont transformé cette région en la zone la plus militarisée du monde, près de 600 000 soldats y sont stationnés. Depuis la fin des années 1990, les deux pays qui s’affrontent au Cachemire sont en possession de l’arme nucléaire. Le Cachemire n’est que peu visité par les touristes. Le quai d’Orsay le déconseille vivement. Seule la région du Ladakh, à majorité bouddhiste, a développé une offre à destination des touristes, notamment des trekkers attirés par les sommets.

Illustration © Narender9

 

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