LOUP

Le loup au XVIIIème siècle et ses « excellents remèdes »

A la veille de la révolution française, le loup faisait peur mais il livrait à la médecine d’ « excellents remèdes ». Extrait d’un ouvrage d’époque.

Ce n’est pas d’aujourd’hui que le loup intrigue, fascine, effraie et génère nombre de fantasmes. Dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, on comptait probablement 10.000 ou 15.000 loups en France. Si le loup avait déjà une image négative, on n’hésitait pas à l’utiliser… en médecine ! Extrait d’un manuel de chasse d’époque. « L’école de la chasse aux chiens courants, pour le lièvre, le chevreuil, le cerf, le daim, le sanglier, le loup, le renard & la loutre », de Verrier de La Conterie, 1778.

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Extrait d’un manuel de chasse du 18ème siècle sur les utilisations du loup en médecine

« Le Loup, quoique naturellement poltron et grossier, devient ingénieux par besoin, et hardi par nécessité : pressé par la faim, il brave le danger, vient attaquer les animaux qui sont sous la garde de l’homme, ceux surtout qu’il peut emporter aisément, comme les moutons, les chevreaux, les agneaux, les chiens, etc. (…)

La médecine, qui dans son obscurité fait usage de tout, puise dans le corps du Loup des remèdes qu’elle prétend excellents : les laisses de cet animal réduites en cendres et mêlées avec du miel, forment un onguent admirable pour le mal des yeux ; la graisse du Loup appliquée dessus a la même propriété ; le foie du Loup desséché  et réduit en poudre, guérit les toux sèches ; la poudre d’une tête de Loup calcinée, apaise la douleur des dents ; l’huile dans laquelle on a fait cuire un Loup vif, et jusqu’à ce que la chair quitte les os, est un puissant remède contre la goutte. La dent du Loup sert à polir, et fait promptement sortir celles qui naissent aux enfants, en leur frottant les gencives. Le grand boyau du Loup bien dégraissé, et si bien nettoyé qu’il n’y demeure que la simple peau, est un remède infaillible contre la colique, en se l’attachant autour du corps contre la peau : observez qu’il faut aux hommes celui du Loup et aux femmes celui de la Louve. Tout le monde sait que la peau est bonne à faire des manchons et autres fourrures chaudes et durables ; quant à sa chair, elle répugne à tous les animaux, et on ne vient à bout d’en faire manger aux chiens même qui le chassent, qu’en la leur faisant cuire.

Enfin le Loup est un animal désagréable en tout, il a la mine basse, l’aspect sauvage, la voix effrayante, l’odeur insupportable à tous les autres animaux, la naturel pervers, les mœurs féroces, il est nuisible de son vivant, et inutile après sa mort. (…) »

Illustration © Pixabay

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Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

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