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Histoire de jumar : la poignée bloquante de l’Everest !

Aujourd’hui largement utilisée par les expéditions en Himalaya, la poignée bloquante Jumar a plus de 70 ans. Retour sur l’histoire de ce système métallique indispensable à nombre de grimpeurs…

La version en corde : le Prusik

Jusqu’au milieu du XXème siècle, si on souhaitait progresser le long d’une corde fixe en sécurité, il existait un nœud spécial. Le nœud de Prusik, ou le Prusik (parfois orthographié Prussik) tout simplement. Un nœud autobloquant inventé par dans les années 1930 par un alpiniste autrichien, Karl Prusik. Difficile de parler de Prusik en se contentant d’évoquer son doctorat en musicologie et ses ouvertures de voies en montagne. Difficile de ne pas évoquer son idéologie, dans laquelle l’alpinisme avait toute sa place. Grand supporter du darwinisme social, il fit une carrière convaincue dans l’armée nazie lors de la seconde guerre mondiale. Après avoir pris part à plusieurs organisations ouvertement revanchistes au lendemain de la Grande Guerre.

Pour autant, son célèbre nœud est encore utilisé aujourd’hui sur certaines manœuvres de corde. Pour ce qui est de remonter une corde en restant assuré, il a depuis longtemps laissé la place à un dispositif bien plus pratique. Une poignée métallique capable de progresser le long d’une corde sans s’en détacher et sans reculer. Le jumar.

Le jumar : des singes mécaniques aux poignées bloquantes

Si l’invention date des années 1950, un système mécanique appliquant la même logique existait déjà en spéléologie. Les singes mécaniques, mis au point par Henri Brenot et expérimentés dans les grottes de la Dent de Crolles, étaient clairement les ancêtres du jumar. Mais c’est donc un duo suisse, Adolph Jüsi et Walter Marti qui perfectionnèrent ce système pour mettre sur le marché le jumar, contraction de la première syllabe de leurs deux patronymes. Et comme le frigo a pris le nom d’une de ses premières marques, frigidaire, la poignée bloquante s’est appelée jumar, en référence à ce premier fabricant.

Aujourd’hui d’autres marques ont pris le relais comme Petzl. Si ces poignées ont commencé à se démocratiser dans les années 1960 quand l’escalade artificielle a pris son envol et si elles font toujours partie du matériel de base du spéléologue et de bien des grimpeurs, c’est désormais dans une toute autre industrie qu’elles sont incontournables. Loin des big-walls dans lesquels elle facilitait déjà la vie des grimpeurs.

Des big-walls à l’Everest !

C’est dans l’industrie des expéditions himalayennes que le jumar est roi. Depuis près de 20 ans désormais, des opérateurs commerciaux proposent à leurs clients des itinéraires vers les sommets de 8.000m, l’Everest demeurant leur best-seller. Sur toutes ces montagnes le système se répète : des équipes de sherpas installent des cordes fixes jusqu’au sommet. Les clients peuvent ensuite suivre ces cordes pour réaliser l’ascension. Et comment suivre une corde en optimisant sa sécurité ? En s’y attachant avec un système qui empêche de reculer. Le jumar était tout indiqué. Ces himalayiste que l’on voit tirer sur des poignées pour avancer le long d’une corde fixe sont aujourd’hui parmi les grands utilisateurs de jumars.

Illustrations © DR

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Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

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