panthère neiges

Les panthères des neiges craignent les virus !

De nouvelles menaces planent sur les léopards des neiges. Covid-19, maladie de carré, peste des petits ruminants, gale. De nombreuses maladies pourraient avoir un impact délétère sur le célèbre félin. Quels sont les virus et autres maladies qui peuvent avoir la peau de la panthère des neiges ? Explications.

En 2021, trois léopards des neiges sont morts après avoir contracté le Covid-19 dans un zoo du Nebraska. Quelques semaines plus tard, un autre félin de la même espèce subissait le même sort dans l’Illinois. Puis un autre dans le Dakota du Sud. Au total, sur la seule population en captivité aux Etats-Unis, estimée à 250 individus, 5 sont morts des suites de leur contamination par le virus du covid. Un bilan qui nous rappelle la fragilité des grands prédateurs face à certaines menaces.

Les nombreuses menaces qui pèsent sur la panthère des neiges

Dans la nature, la population de panthères des neiges est estimée à 4.000 à 6.500 animaux. Un résultat qui a valu à l’espèce son classement sur la liste des animaux en danger en 1986. Depuis quelques années, elle n’est plus considéré comme telle. Juste « vulnérable » aux yeux de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Néanmoins, l’organisation précisait alors que le déclin de la population de léopards des neiges dans la nature était toujours en cours. Reste que le recensement précis de ces animaux, particulièrement discrets, est quasi-impossible.

Avec 4.000 individus en estimation basse, on est néanmoins loin de la limite de l’UICN. Elle fixe à 2.500 le nombre de léopards des neiges en-dessous duquel l’espèce est en danger d’extinction. La mortalité actuelle est en partie liée à la réduction de l’habitat de la panthère des neiges, à la raréfaction de son garde-manger, au braconnage ou aux abattages de représailles. Généralement perpétrés par des éleveurs après le massacre de leurs troupeaux. Ces cas sont supposément punis par la loi, notamment au Népal, mais dans les faits, les responsables sont rarement inquiétés. Mais au-delà de ces menaces bien réelles, et bien connues, d’autres risques pointent à l’horizon. Les maladies.

La Maladie de Carré et les léopards des neiges

Comme le covid-19 l’a montré sur les léopards des neiges en captivité, le système immunitaire de ces grands félins n’est pas infaillible. Surtout face à des maladies qu’ils n’ont jamais rencontrées. Ils pourraient notamment souffrir d’une épidémie de la maladie de Carré. Fréquentes chez les chiens errants de certaines régions du Népal, cette maladie virale pourrait se transmettre au félin par l’intermédiaire d’ongulés. Ces derniers sont mordus par les chiens puis consommés par les panthères des neiges. Fin 2019, une étude scientifique expliquait que 13% des chiens errants dans le Parc National des Annapurna étaient porteurs de la maladie. Près de 70% des chiens avaient des traces d’anticorps, démontrant l’existence d’épidémies dans un passé récent. L’étude concluait au risque important de transmission aux animaux sauvages de la région.

Et la maladie de Carré a déjà démontré sa férocité chez les félins. En 1994, une épidémie en Tanzanie avait tué un millier de lions dans le Parc du Serengeti. A ce stade, des essais de vaccination sur des léopards des neiges en captivité se sont révélés peu probants. Depuis des études de 1989 et 2013, on sait que la mortalité des panthères des neiges exposées à la maladie de Carré est « élevée ».

La peste des petits ruminants, la gale

Un autre virus de la même famille, la « peste des petits ruminants », pourrait également constituer une menace pour les panthères des neiges. Une maladie du bétail qui n’est pas vraiment suivie au Népal où plusieurs cas ont pourtant été révélés depuis 1994. D’après l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, la maladie s’est désormais propagée à 68 districts dans tout le pays. Elle est également présente au sud-ouest du Tibet depuis les années 2000. Elle touche principalement les chèvres et les moutons. Une étude a récemment constaté qu’un quart du régime alimentaire des léopards des neiges était constitué d’animaux prélevés sur des troupeaux. Majoritairement des ovins et des caprins.

Sans parler des épidémies de gale. Elles peuvent aussi largement toucher le bétail comme les ongulés sauvages dans les régions où vivent les panthères des neiges. En 2007, une épidémie au nord du Pakistan avait tué des centaines de chèvres sauvages.

Un sujet encore peu étudié

Le WWF oriente les années à venir en termes de recherches au sujet des panthères des neiges en soulignant l’importance d’étudier « le rôle des interactions entre chiens errants, ongulés sauvages et domestiques dans les épidémies ». Un sujet encore peu étudié, notamment dans la nature, mais que les experts pressentent comme un risque majeur pour la survie de l’espèce. En 2019, quatre panthères des neiges équipées de colliers GPS ont été retrouvées mortes dans le Sud Gobi. Probablement à cause d’une maladie infectieuse.

Hélas, le comportement du grand félin rend son étude particulièrement délicate. Les animaux se font discrets. Quant à leur régime alimentaire, si l’on peut « facilement » étudier l’état de santé des troupeaux domestiques, il n’en va pas de même pour les grands ongulés sauvages. Suivre les épidémies qui affectent les bouquetins de Sibérie, les markhors, les grands bharals ou encore les jharals est un travail titanesque. Mais ces derniers constituent 40% du régime alimentaire des panthères des neiges.

Illustrations © Pixabay

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Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

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