Classique : 342h dans les Grandes Jorasses avec Desmaison

Hiver 1971, René Desmaison a 41 ans lorsqu’il s’attaque aux Grandes Jorasses pour une tentative de première hivernale en face Nord. Accompagné par l’aspirant-guide Serge Gousseault, 23 ans, ils s’intéressaient initialement à l’Eperon Croz. Précédés de quelques heures par une autre cordée, ils changent leur objectif. Direction l’éperon Walker. Gousseault n’est pas en forme. Il faiblit vite. Le temps est mauvais, il neige, le matériel s’abîme et les corps aussi. L’ascension prend beaucoup plus de temps que prévu, les vivres viennent à manquer.

Dans ce récit, René Desmaison livre sa version des faits. La fin de l’histoire est connue, après plusieurs jours immobilisée dans la face, la cordée est exténuée. Gousseault ne survit pas au 12ème jour sur la paroi et Desmaison doit son salut à un pilote d’hélicoptère zélé. Pour autant, même si le suspens final n’est que très relatif, on a du mal à lâcher cet ouvrage avant de l’avoir terminé.

Grandes jorasses voies
Les voies aux Grandes Jorasses : on parle de la numéro 6

Extrait de 342h dans les Grandes Jorasses

<< Glaciale et grise, traversée de courtes rafales de neige arrachée à la cime, c’est l’aube du onzième jour. Tout passe, même la nuit, même la vie… Serge est de plus en plus mal. Ses lèvres, son nez sont gonflés par le froid. Il ne sent rien, ne souffre pas. Il a faim et soif. Les vivres sont épuisés. Il ne nous reste plus rien. Juste un peu de gaz. Encore un demi-quart d’eau, et le réchaud s’arrête définitivement. Très doucement, je verse l’eau tiède entre les lèvres de mon compagnon.

Je n’éprouve moi-même aucune soif, aucune faim. Mon estomac est serré, dur comme une pierre. Je le sens douloureusement. L’angoisse ne me quitte plus. S’il ne se passe rien aujourd’hui, Serge est perdu. Pourra-t-il seulement tenir encore une nuit ?

Que font-ils dans la vallée ? Hier, il faisait beau. Ils ont bien vu que nous étions là, immobiles, bloqués sur cette minuscule corniche.

Quelle heure peut-il être ? Est-ce encore le matin ou déjà l’après-midi ?

Serge ne peut rester plus longtemps comme ça. Je dois partir chercher du secours. Aller au-devant de ceux qui montent peut-être par le versant sud. Descendre dans la vallée réunir des amis. Venez m’aider, Serge va mourir. >>

Réédité aux Editions Hoëbeke, 342 heures dans les Grandes Jorasses est disponible en librairie à 8,5€.

 

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COMMANDEZ: 342 heures dans les Grandes Jorasses

 

Classique : 342h dans les Grandes Jorasses avec Desmaison
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Illustrations : (c) Hoëbeke Editions / Michmuch38 et LBesson Wikimedia Commons

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