Quand 6.000 Haut-Alpins partirent pour leur « rêve américain » !

Au XIXème siècle, l’Amérique faisait rêver bon nombre d’Européens. Dans les montagnes françaises, l’émigration massive des commerçants de l’Ubaye vers le Mexique (« les Barcelonnettes ») en était un bel exemple. Moins connu mais tout aussi significatif, ce sont quelques 6.000 habitants des Hautes-Alpes qui fuirent leurs montagnes à peu près à la même époque. Trop nombreux pour la maigre subsistance que la terre leur apportait, ils n’avaient pas d’autres choix que de partir. Ils avaient en ligne de mire une vie meilleure, de l’autre côté de l’océan Atlantique. Le Wyoming, la Louisiane et la Californie étaient les principales destinations, respectivement pour leurs terres d’élevage, leur population francophone et leur climat.

Vers une vie meilleure outre-Atlantique…

Pour la plupart bergers, ils trouvèrent rapidement du travail, gardant des moutons à cheval. Se faisant payer en mouton plutôt qu’en argent, certains purent devenir leur propre patron. Ils envoyaient un peu d’argent au pays, suscitant de nombreuses vocations. Au tournant du XXème siècle, il suffit de 20 ans pour qu’un tiers de la population du canton d’Orcières (Champsaur) parte pour l’Amérique. Bien loin de la mer, à Saint-Bonnet en Champsaur, des « agences de voyage » ouvertes par les Compagnies Maritimes cherchaient les prétendants à la traversée. Elles dispensaient même des cours d’anglais et garantissaient le retour si les voyageurs se voyaient refuser l’entrée dans le pays. Comme la compétence de berger était très recherchée, rare sont ceux qui se firent recaler.  

En 1862, quand Lincoln offrit quelques hectares de terres à ceux qui les occupaient depuis au moins 5 ans, des dizaines de Haut-Alpins accédèrent à la propriété. Certains finirent par rentrer dans les Alpes mais une grande majorité d’entre eux restèrent sur place et devinrent « véritablement » américains. Tous ne firent pas fortune outre-Atlantique, certains destins furent plus tourmentés mais plusieurs villages portent encore aujourd’hui le nom du Haut-Alpin qui les fonda, au fin fond des Etats-Unis…

A la Maison du Berger…

Vendredi 10 mai à 18h à la Maison du Berger (Champoléon, 05), La Mobile Compagnie présente des lectures de correspondances, articles de journaux… par Sylvie Beaujard et Mathieu Weil ; extrait de L’émigration des Haut-Alpins aux Amériques. Ouvrage de Patrick Caffarel et Michel Clément paru en 2016. Patrick Caffarel présentera son nouveau livre : Sur la route de Tensleep.

Illustration © La Maison du Berger

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