La fin des champignons aphrodisiaques de l’Himalaya ?

Dès le 18ème siècle, un « champignon chenille », appelé généralement Yarsagumbu, est utilisé dans la médecine traditionnelle chinoise. Ce parasite pousse sur une chenille qui vit à plus de 3.000 mètres d’altitude. On lui prête toutes sortes de vertus dopante, au premier rang desquelles un pouvoir aphrodisiaque qui lui doit son surnom « Viagra de l’Himalaya ». Il s’agit d’une vraie manne pour certaines populations, principalement au Tibet. Le kilogramme de la meilleure qualité peut se négocier autour des 120.000 Euros. Trois fois le prix de l’or ! Oui mais voila, une étude de l’Université américaine de Stanford vient confirmer les craintes des chasseurs de Yarsagumbu : le changement climatique met en péril les récoltes à venir.

La sur-exploitation du champignon est évidemment la principale cause de sa raréfaction mais les évolutions du climat viennent compliquer encore un peu plus la donne. Avec le progressif réchauffement des régions montagneuses, les zones de récoltes se réduisent ; le champignon se développant principalement dans des zones très froides. Ce dernier voudrait bien se déplacer à plus haute altitude, en quête de froid. Mais la chenille (dont il se nourrit) ne suit pas forcément la même logique.

Un business colossal qui risque de disparaître !

Le business du Yarsagumbu est apparu dans les années 1990, on lui a vite prêté des capacités à soigner des maladies comme le SRAS. Aucun scientifique n’a pu prouver cette soi-disant efficacité mais la production a décollé ! Un marché évalué aujourd’hui à près de 9,5 milliards d’Euros.

Les auteurs de l’étude l’affirment. A ce rythme : « cet espèce de parasite se sera éteinte d’ici quelques décennies ». Et les conséquences ne portent pas que sur le Yarsagumbu. En effet, les récoltants sont pour la plupart plus attirés par le gain potentiel que par le respect de l’écosystème. Résultat : les sols les plus fragiles sont endommagés, une partie de la végétation est coupée pour servir de combustible et les camps occupés par les « moissonneurs » sont laissés « jonchés de détritus ».

Avec une demande toujours en hausse et une production qui va déclinant, les prix vont continuer de monter. Les auteurs de l’étude pointent du doigt des risques forts de tensions chez les récoltants. On pourrait bien en venir aux mains pour attraper les derniers Yarsagumbus…

Illustration © Baburkhan

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