catastrophe saint gervais

Il y a 130 ans, un petit glacier ravageait Saint-Gervais !

Il y a quelques jours, un glacier italien s’effondrait en partie, entrainant plusieurs alpinistes dans sa course. Dans l’histoire des Alpes, d’autres catastrophes glaciaires ont eu lieu au cours des siècles passés. Très surveillé depuis, le glacier de Tête-Rousse surprit tout le monde le 12 juillet 1892. Occasionnant la fameuse « catastrophe de Saint Gervais ». Flashback.

A son arrivée dans la vallée de l’Arve le 18 juillet 1892, Charles Durier ne peut cacher une certaine émotion. En « traversant le Fayet, je vis l’immense désolation de la plaine, la tache sinistre, l’épaisse coulée de boue recouvrant des hectares de culture, qui déjà séchait, se fendillait, pareille à une terre maudite ». Quelques jours plus tôt, une des plus terribles catastrophes naturelles de l’histoire des Alpes se produisait. Enfin pas la plus terrible. En novembre 1248, l’effondrement du Mont Granier aurait entraîné la mort de près de 1.000 à 5.000 personnes. Et même avec une importante marge d’erreur liée aux incertitudes de l’Histoire, c’est d’une ampleur sans commune mesure. Mais revenons dans la vallée de l’Arve.

Le 12 juillet, catastrophe à Saint-Gervais

Dans la nuit du 11 au 12 juillet, vers 5 heures du matin, une partie du glacier de Tête-Rousse et le contenu d’un lac sous-glaciaire insoupçonné quittent leur emplacement pour se précipiter dans la vallée. Quelques 200.000 mètres cubes de laves torrentielles qui déferlent avec une violence sidérante. Les villages de Bionnay, du Fayet ainsi que les thermes de Saint-Gervais se retrouvent alors submergés par une coulée de boue et de glace. Il suffit de quelques minutes pour que des bâtiments entiers soient réduits en miettes. Quelques 175 vies sont ainsi balayées.

Durier, qui recueillit le témoignage de survivants, rapporta quelques détails. Ne « sachant pas nager, je m’accrochai aux poutres et autres épaves qui passaient à proximité. Tantôt surnageant. Tantôt retombant dans la lave et saisissant de nouvelles poutres. Durant ce trajet, j’ai vu passer de nombreux cadavres et j’eus soin d’éviter les blessés, qui auraient pu se cramponner à moi et m’entraîner au fond de l’eau. Arrivé au Fayet, je m’emparai d’une grosse planche, sur laquelle je me mis à califourchon. Et continuai ainsi le trajet jusque dans la plaine, où je pris terre dans un champ de blé. Je me croyais sauvé ; mais, après un repos de cinq minutes, je m’aperçus que ce champ était envahi de tous côtés par la crue ».

Les thermes dévastés

Nombre de corps furent emportés par l’Arve et finirent leur courses sur les berges du Rhône. Un cadavre s’échoua même à Seyssel, près de 120 kilomètres en aval. A Bionnay, les victimes furent peu nombreuses, la majorité des paysans étant dans leurs alpages à cette période de l’année. Le plus gros contingent de victimes fut enregistré au niveau des Thermes. Fort heureusement, ces derniers n’étaient remplis qu’au quart, le bilan eut été tristement démultiplié.

Impliqué dans l’enquête sur les causes de la catastrophe, Joseph Vallot écrit en août 1892 : « Il est malheureusement probable que ce lac sous-glaciaire, qui résulte de la configuration des lieux, se reformera dans un temps plus ou moins éloigné ». A plusieurs reprises ces dernières années, des travaux ont été nécessaires pour drainer des poches d’eau qui se reconstituaient dans ce fameux glacier de Tête-Rousse.  

Illustrations – le seul bâtiment des thermes encore debout © D.Public

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Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

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