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Paris, me voilà! Tout juste rentré du Népal où je viens de faire un trek de 15 jours autour du Manaslu : surnommé Kutang ou « Mountain of the Spirit », situé dans l’Himalaya népalais, 8ème sommet au monde et culminant à 8163m. Ce Grand Tour du Manaslu se déroule au coeur d’une région encore peu fréquentée, à l’écart de la cohue des Annapurna et offre des images époustouflantes.

Rando Manaslu
© C. Prevel

On y sillonne les vallées reculées d’un Himalaya encore sauvage. D’un village à l’autre, sur les territoires des ethnies Gurung, Samapa et Manangi, à culture tibétaine. Les paysages sont éblouissants et variés tout au long du trek. Rivières vives des fonds de vallées, forêts de pins ou de bambous, rizières verdoyantes en terrasses, clairières boisées glaciers, lacs de montagne d’un turquoise éclatant, sommets enneigés à 7000 ou 8000m, … Cheminant principalement sur des sentiers muletiers, entre 600m et 5100m d’altitude, ce trek ne présente pas de difficultés techniques particulières.

L’objectif de ce post est de vous aider à vous projeter dans le concret d’un tel projet, au cas où vous y songeriez déjà (ou de vous inciter à le programmer dans votre todo-list !).

Voici ce que je vous trouverez dans ces lignes :

  • des infos concrètes sur le déroulement du trek
  • des conseils pratiques sur ce que vous devez emporter
  • l’envie d’y aller (j’espère !)

Voici ce que vous ne trouverez pas :

  • les photos et le récit de nos exploits
  • un journal intime jour par jour

Avant-propos

Les contenus / conseils qui jalonnent ce post ne sont liés qu’au Grand Tour du Manaslu. Même si -plus que jamais- j’en brûle d’impatience, je n’ai encore fait de trek dans les Annapurna, ni dans le Mustang, ni dans le Haut Dolpo, ni dans le Bas Dolpo, ni jusqu’au Camp de base de l’Everest, ni au Lantang, ni au Bouthan, ni au Ladakh, …

Donc si votre destination est plutôt de celles-là, je vous laisse le soin de vérifier que ces conseils sont tout aussi valables (ou non).


Tout d’abord, quel trek choisir au Népal ?

Bah, à vrai dire, vous êtes le/la seul(e) à pouvoir répondre à cette question : vous seul(e) savez de quoi vous avez envie / besoin : trouver du silence et de la tranquillité ? rencontrer les populations locales ? vivre une expérience avec d’autres trekkeurs venus du monde entier ? approcher le mythique Everest ? …

Tout peut être bien, mais à vous de découvrir celle qui vous correspond aujourd’hui.

En ce qui me concerne, 3 critères principaux m’avaient fait opter pour ce Tour du Manaslu :

  • l’esthétique du parcours (pour ma 1ère fois au Népal je voulais m’en mettre plein les yeux) ;
  • sa fréquentation (je recherchais un itinéraire pas trop surchargé) ;
  • et l’engagement physique requis (je souhaitais quelque chose d’un peu ‘soutenu’).

Quelques comparatifs et articles que j’avais consultés pour m’aider à choisir : Top 10 des treks au Népal [FR]Les plus beaux treks en Himalaya [FR] | Trek au Népal [FR] | Top 12 Best Treks in Nepal [EN] | 10 Best Treks in Nepal [EN] | 10 Best Treks in Nepal [EN] !

Paysage népal
© B. Renoul

Népal : à quelle période partir ?

Tout le monde est à peu près d’accord là-dessus, deux périodes sont propices aux treks népalais et notamment à ce Grand Tour du Manaslu :

Quand partir au Népal

  • l’automne : de mi-octobre à fin novembre, juste après la mousson (qui se termine vers la fin septembre) et avant que la chute hivernale des températures
  • le printemps : d’avril à début mai, période magnifique et colorée avec notamment la floraison des rhododendrons, quelques neiges tardives et un peu moins de trekkeurs

/!\ Si vous partez sur ces périodes, n’attendez pas trop pour vous organiser car les hébergements se remplissent vite.

Pour ma part je suis parti entre le 4 et le 22 novembre 2017. Cela s’est révélé être un bon choix : la météo à été divine ! Côté températures : entre 5 et 30°C en journée et entre 0 et -10°C dans la soirée / nuit. Prévoyez donc des vêtements et duvet adéquats.

 

Népal : quel budget prévoir pour un trek de 15 jours ?

La question du budget est épineuse, car elle dépendra directement de la durée du trek et du mode d’organisation que vous aurez choisi.

Voici les questions que vous devez vous poser sur le mode d’organisation de votre trek :

  • Seul(s) ou avec un/des porteur(s) ? Un porteur népalais porte jusqu’à 25kg (soit les bagages de 2 trekkeurs), pour un tarif d’environ 1200 roupies népalaises* / jour.
  • Avec ou sans guide ? Un guide peut vous accompagner tout au long du trek pour un tarif situé entre 70.000 et 120.000 roupies népalaises* par jour (selon l’expérience du guide).
  • Sur place ou en s’organisant en amont ? Certain(e)s font le pari de choisir un guide / une agence sur place afin de limiter les frais ; un pari risqué (cf. ci-après).
  • Organisme français ou organisme local ? Si vous souhaitez vous reposer sur un organisme, vous avez le choix entre des structures française (Allibert Trekking, Terre d’Aventure, UCPA, …) ou népalaises (Basecamp Trek ou autres).

*au 22/11/2017 : 1 euro = 119 roupies népalaises

Mes conseils / suggestions :

  • Porteurs : prenez des porteurs ; marcher léger (grâce à eux) sera plus agréable mais aussi plus prudent (notamment en altitude), et cela offrira du travail à un/plusieurs Népalais
  • Guide : prenez un guide ; il s’occupera du routage, de l’organisation et de la logistique tout au long du trek ; last but not least : parlant votre langue ainsi que la langue locale, il facilitera l’échange avec les gens rencontrés dans les villages
  • Anticipation : anticiper ne vous coûtera pas beaucoup plus cher et vous évitera de vous retrouver avec le premier “guide” venu…
  • Francophonie : optez pour un organisme francophone local plutôt que pour un organisme situé en France et qui de toutes façons se reposera sur une agence locale, cela allègera votre facture d’environ 30% 🙂

Pour ma part, je suis parti avec Basecamp Trek, une agence francophone basée à Katmandou, que l’on m’avait recommandée. Le trek (voir ici les détails) était en tous points identique à ceux proposés par les autres organismes français ; seul le billet d’avion était à notre charge ainsi que des dépenses légères au cours des 2 jours passés à Katmandou.

Lac Népal Manaslu
© B. Renoul

Money, money, money – Ce que m’a vraiment coûté ce trek  :
1.250€ versés à l’agence pour l’intégralité du trek, guide et porteurs compris (incluant la navette aéroport à l’aller comme au retour, 3 nuits d’hôtel à Katmandou, …)
+ 575€ pour l’A/R Paris-Katmandou sur une compagnie aérienne indienne (pas terrible j’avoue…)
+ 100€ pour les dépenses extra (repas lors des 2 jours à Katmandou, entrées lors de la journée de visite à Katmandou, boissons / gâteaux / extras tout au long du trek, .. )
+ 60-70€ de pourboires pour le guide, les sherpas et les porteurs
+ 100€ pour acheter quelques souvenirs et du matos de trekking léger à Katmandou
+ 25€ de frais de change lors du retrait de devises locales
= TOTAL : environ 2.100€ (soit une économie d’environ 1.000€ par rapport aux treks proposés par les autres organismes français pré-cités, avec des prestations tout à fait identiques).

/!\ Pour acquérir des devises locales, un conseil : emportez du cash (entre 300 et 500€), puis allez changer vos devises dans l’un des nombreux bureaux de change situés dans Katmandou. Il y a beaucoup plus de bureaux de change que d’ATM, et les frais des changeurs sont inférieurs à ceux prélevés lors d’un retrait en devise locale.


Comment sont les hébergements au Népal ?

Sur tous les descriptifs d’agences / d’organismes, vous verrez qu’on parle de “lodges”. Bon, derrière ce mot qui laisse entrevoir des soirées cosy au coin du feu, voici la réalité :

Oubliez le chauffage ! Sauf exception, les lodges sur le Grand Tour du Manaslu ne sont pas chauffés : rares sont ceux équipés d’un poêle dans la pièce à vivre et aucun n’a de chauffage dans les chambres/dortoirs où la température descend facilement à -5°/-10° la nuit. Donc ne faites pas d’impasse sur la qualité du sac du couchage et de votre veste polaire.

Oubliez les douches chaudes : ne rêvez pas de vous délasser sous une eau brûlante après une bonne journée de marche : sauf exception, les lodges autour du Manaslu ne proposent que des douches froides ; cependant vous pourrez parfois acheter (pour l’équivalent de 2 ou 3€) un thermos d’eau chaude. Mon conseil pour les douillets (gens normaux) : prévoyez assez de lingettes pour assurer une toilette régulière, tout en vous réservant le droit de prendre une douche froide lors de vos moments d’euphorie extrême (ça m’est tout de même arrivé 2 ou 3 fois en 15 jours !).

Préparez vos duvets : nuit sous tente avant l’ascension du Larken Pass (5106m)

Nuit sous tente Népal
© B. Renoul

Côté intimité, c’est plutôt bien : les trekkeurs sont logés dans des chambres doubles ou triples, fermées, garnies de matelas, d’un oreiller et parfois d’une couverture. Murs non isolés, pas de chauffage, couverture non systématique, WC rares, … Mais l’intérieur est généralement propre.

Le confort est spartiate mais la vue est parfois splendide 🙂 Et avec l’aide de votre guide, nul doute que vous vous ménagerez le confort suffisant pour dormir correctement.

Lodge népal Manaslu
© B. Renoul

Les ‘commodités’ des lodges népalais

Point important s’il en est, les commodités (toilettes et salle de bain) ne sont pas le fort des lodges népalais… Loin s’en faut ! Le plus souvent, les toilettes cohabitent avec la salle de bain dans une casemate en parpaings séparée du bâtiment principal et non chauffée.

Que ce soit pour l’odeur ou pour la température qui y règne, on ne s’y attarde généralement pas longtemps.

L’électricité et le wifi 

Malgré leurs prestations rudimentaires, les lodges du Népal sont les amis des photographes : la plupart du temps ils proposent une “full-charge” de batterie pour l’équivalent de 2 ou 3€. 

Mon conseil : achetez avant de partir une “power-bank” [celle-ci par exemple] qui vous permettra de recharger régulièrement votre appareil et votre smartphone pendant tout le trek sans être tributaire des multi-prises, souvent prises d’assaut par vos semblables.

En revanche, les lodges ne sont pas encore hyper-connectés (même si ça ne va probablement pas tarder) : seuls 2 ou 3 proposent une connexion wifi (payante, mais très lente). Mon seul conseil : profitez de ce trek pour faire un break avec vos comptes sociaux et avec votre boulot. Vous n’en serez que plus heureux (j’en veux pour preuve ma propre expérience) !

L’eau potable

C’est le carburant-clé du randonneur, qui doit boire beaucoup pour neutraliser les courbatures et réduire le risque de blessures musculaires. Or au Népal le “kalo chiya” (thé noir) et la “tatto pani” (eau chaude) sont les boissons-reines!

Par conséquent, que ce soit tôt le matin ou dès l’arrivée au lodge dans l’après-midi, vous aurez accès à de l’eau saine (car bouillie!) très facilement.

Lodge Népal Trek
© B. Renoul

Pour la journée de marche, vous pourrez soit acheter dans vos lodges de l’eau minérale en bouteille (bof pour la planète, vraiment) soit remplir vos gourdes avec de l’eau courante locale en y ajoutant une pastille de Micropure (bof pour votre santé, mais seulement si vous en buvez toute l’année donc ça devrait aller). Dans ce dernier cas, il faudra penser à remplir vos gourdes le soir avant de vous coucher. Car le matin les arrivées d’eau sont parfois gelées…

La nourriture au Népal

Hé bien franchement, je ne pensais pas aussi bien manger lors de ce trek ! Évidemment beaucoup de riz et de pâtes, certes, mais aussi pas mal de légumes, de pommes de terre, de fromage, ainsi que des soupes variées (champignon, ail, oignon, …). Assez peu d’épices “arrache-gueule”, contrairement à ce qu’on peut trouver en Inde.

Quelques plats nationaux (plutôt bons!) :

  • le dal-bhat : littéralement lentilles-riz, auquel s’ajoutent des épinards et des pommes de terre cuisinées avec différents condiments ; c’est le plat national népalais ;
  • les mo-mos : raviolis fourrés à la pomme de terre, au poulet, au fromage, … assez proches de ce qu’on trouve aussi au Japon et au Vietnam ;
  • les spring-rolls : chaussons fourrés à une sauce végétale à base d’ail, frits à la poêle.
Cuisine népalaise Dal Bhat
Dal Bhat – © 松岡明芳

Et au petit-déj : pancakes et chapatis, avec une bonne couche de miel ou de confiture!

Sans doute en raison d’une attention particulière de notre guide pour la nourriture, la quantité et la qualité ont toujours été au RDV. Seul bémol : les fruits. Les seuls qui nous ont été servis étaient des fruits au sirop, sans saveur et blindés de conservateurs (comme en France). Pas de fruits frais, sauf (une fois) des pommes non lavées et déjà un peu pourries…

Pour les en-cas : vous pourrez acheter des sachets de fruits secs à Katmandou ou dans les villages traversés pendant le trek ; on y trouve aussi des gâteaux, barres chocolatées, etc.

La journée-type du trekkeur du Manaslu

Pour vous donner une idée encore plus concrète de ce que pourra être votre Grand Tour du Manaslu, voici quelques repères :

  • 6:00 : réveil
  • 6:30 : petit-déjeuner
  • 7:30 : départ de la marche, avec pause toutes les heures environ
  • 12:00 : arrivée sur le lieu du déjeuner, lessive pour ceux qui veulent
  • 12:45 : déjeuner puis sieste
  • 14:00 : reprise de la marche
  • 16:00 : arrivée au lodge, installation dans les chambres et toilette
  • 17:00 : tea time puis jeux (n’oubliez pas d’apporter des jeux de cartes)
  • 18:30 : dîner puis jeux
  • 21:30 : généralement tout le monde dort 🙂
Chemin Népal
© B. Renoul

Alors, ce Grand Tour du Manaslu ?

Il est temps de vous dire ce que j’ai pensé de ce trek autour du Manaslu. En reprenant mes 3 critères initiaux :

Esthétique – J’ai été ravi au-delà de mes attentes :

  • un temps exceptionnel, avec soleil et ciel bleu tous les jours ;
  • de nombreuses rencontres, chaque jour, avec des villageois croisés ici et là, toujours souriants, accueillants et chaleureux ;
  • des panoramas et des points de vue fabuleux sur les vallées alentours et la chaîne de l’Himalaya ;
  • des paysages très variés tout au long du trek.

Fréquentation – Cela correspondait parfaitement à ce que j’espérais :

  • (relative) faible fréquentation du Grand Tour du Manaslu, qui permet de marcher sur des sentiers peu encombrés et de rencontrer des habitants qui n’ont pas l’air lassés de voir des randonneurs ;
  • malgré un groupe plutôt nombreux (nous étions 10 trekkeurs), nous pouvions même marcher seuls à certains moments, ce qui est vraiment appréciable lorsqu’on a besoin de se reposer et de se vider la tête.

Engagement physique – Là-dessus, je suis un peu resté sur ma faim :

  • ce trek autour du Manaslu était qualifié de “soutenu” sur le site de l’agence, pourtant le rythme réel m’a paru très (trop) lent, avec certaines étapes très (trop) courtes ;
  • certains participants avaient manifestement surestimé leur forme physique lors de l’inscription, pénalisant par conséquent la partie la plus à l’aise du groupe ; hélas, ce problème que j’avais déjà constaté lors d’un précédent trek est inhérent au modèle économique des agences locales :
  • chaque participant s’inscrit au trek qu’il souhaite ;
  • l’agence (ou le guide) ne peut vérifier le niveau de chaque trekkeur avant le départ ;
    les agences ont intérêt à accepter tout le monde à partir du moment où le départ est garanti (chaque inscrit supplémentaires apporte une forte marge)

Néanmoins, bien que frustrant, il s’agit d’un bémol acceptable. Chaque mode de voyage a évidemment ses inconvénients et à mes yeux celui-ci a été le seul du trek.


CONCLUSION :

Je reviens de ce trek autour du Manaslu avec de magnifiques souvenirs et des images fabuleuses plein la tête.

Temple Népal Manaslu
© C. Prevel

La logistique parfaite, l’excellente ambiance au sein du groupe, la pétillance du guide, des sherpas et des porteurs, ce pays enchanteur -que ce soit par la beauté de ses panoramas ou par l’extrême gentillesse de ses habitants- ainsi que tout ce que j’ai mentionné ci-dessus suffisent à me donner envie d’y retourner sans tarder et à vous le conseiller.

Malgré un net mieux en 2017, l’activité touristique du Népal n’a pas encore tout à fait retrouvé son niveau de l’avant-séisme de 2015. Ce qui a 3 implications directes (et positives) pour vous :

  • les forfaits pratiqués par les guides locaux (et dans une moindre mesure par les agences et tours operators) sont plutôt attractifs ;
  • vous serez d’autant plus chaleureusement accueillis par les Népalais, qui montrent un réel enthousiasme à voir des randonneurs sur leurs chemins et à les recevoir dans leurs villages ;
  • vous n’aurez à aucun moment l’impression de circuler sur une autoroute à randonneurs.

Il ne me reste qu’à vous souhaiter un excellent trek sur le Grand Tour du Manaslu. Dès le printemps 2018 ? N’hésitez pas à partager vos questions et vos réflexions en commentaires, je vous répondrai avec plaisir.

Montagne Népal Manaslu
© B. Renoul
Le Grand Tour du Manaslu
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