Les deux oursons nés ce printemps sont morts

L’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a annoncé une bien mauvaise nouvelle. « De nombreux éléments recueillis par les agents de terrain ces dernières semaines donnent à penser que Sorita n’est plus suitée et que les deux petits ont été victimes de la prédation d’un ours mâle ». Sorita est l’une des deux ourses slovènes relâchée en Béarn en octobre 2018. Mi-avril, elle avait été aperçue non loin de sa tanière. Elle l’avait quittée plus tard que prévu, laissant présager qu’elle ne sortirait pas toute seule. Effectivement, ce sont deux petits oursons qui la suivaient. Ces deux oursons auraient été tués par un ours mâle.

Des infanticides fréquents

C’est une cause de mortalité assez fréquente. Près de 20% des oursons meurent tués par un ours mâle « différent du père génétique ». Et pour cause, « ces infanticides provoquent un retour des chaleurs de la femelle et ouvrent la possibilité à un nouvel accouplement ». Courant mai, Sorita a ainsi été aperçu aux côtés d’un nouveau mâle adulte. A cette période, la maman ours est supposée rester en grande proximité avec ses petits. Dernièrement, Sorita avait réalisé « des déplacements de grande amplitude, avec de forts dénivelés, sur de courtes durées. Ces mouvements, peu compatibles avec les capacités de déplacement limitées d’oursons âgés de quelques mois seulement » avaient éveillé les soupçons des équipes de l’état en charge de la surveillance des ours.

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Pas de nouveau lâcher à venir

Le Ministère de la Transition Ecologique a confirmé cette semaine qu’il n’y aura pas de nouveau lâcher d’ours dans les Pyrénées, sauf si des hommes s’en prenaient aux animaux. Dans le même temps, les autorités ont proposé une nouvelle feuille de route. Objectif : aider à cohabiter l’activité pastorale en montagne et les ours. Cette approche a été qualifiée de feuille de « fausse-route » par les associations écologistes (notamment la coordination Cap Ours). Ces dernières dénoncent les mesures d’effarouchement, la localisation précise des ours transmise par SMS aux éleveurs ou des amalgames entre le loup et l’ours sur le système d’indemnisation « alors que ce sont des espèces dont la biologie induit des dommages au bétail qui ne sont pas comparables. ». Les associations ont ainsi refusé de participer à la réunion de présentation de cette fameuse feuille de route, prévue hier en Préfecture de Toulouse.

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Illustration  © Bernard-Boehne

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