Himalayan Database

Himalayan Database désormais en accès gratuit

Depuis le début du mois de décembre, la célèbre base de données d’Elisabeth Hawley est disponible en ligne. L’occasion pour nous d’en tirer quelques enseignements !

Mieux vaut être une femme sur un 8.000

Les statistiques sont formelles, les femmes reviennent plus souvent d’expéditions que les hommes. Comprenez, si vous êtes une femme, vous avez moins de chance de mourir lors d’une expédition sur un sommet de plus de 8.000m. Malheureusement, les femmes ne sont pas très nombreuses à vouloir vérifier cette statistique. Sur l’un des sommets les plus dangereux, l’Annapurna, elles ne représentent que 6% des membres d’expéditions. Pourtant, elles sont sensiblement plus efficaces. Sur l’ensemble des 8.000, 9.6% des alpinistes sont des femmes, le pourcentage atteint 11,3% si on se focalise sur les summiters (ceux qui arrivent au sommet). La proportion de femmes augmente en montant, sous-entendu, les hommes abandonnent + !

La montagne, ça vous gagne

Sur les 8 sommets de plus de 8.000m situés au Népal, 100% ont vu des alpinistes mourir sur leurs pentes. Le plus clément est le Cho Oyu avec 0,6% de ses visiteurs qui ne sont pas rentrés en vie. A l’opposé, l’Annapurna tue 4% des grimpeurs qui s’y attaquent. Globalement, tenter un 8.000, c’est 1.6% de chances de mourir. Plus concrètement, sur 62 personnes sur la montagne, une va y rester.

Statistiquement, descendre en dessous de la zone de la mort n’est pas une bonne idée. Sur les sommets de 7.000m, le taux de mortalité est légèrement plus élevé à 1.7%. Sur les montagnes de 6.000m, ça devient plus acceptable, le taux passe alors à 0.53% : 1 mort tous les 188 grimpeurs. C’est mieux.

L’embarras du choix

Les sommets les plus hauts sont de loin les plus fréquentés. Pourtant dès que l’on descend un peu, le choix ne manque pas. Sur les 82 sommets et antécimes de 7.000m, plus de la moitié n’a jamais vu 10 personnes en réussir l’ascension. Si vous êtes une femme, le choix est encore plus grand. Plus de la moitié des 7.000 n’ont jamais été gravis par une femme. Plusieurs dizaines de sommets sont encore totalement vierges et très peu sont encore aujourd’hui interdits d‘accès.

Cependant, réfléchissez bien avant de foncer. A proximité du Masnalu, le Ganesh culmine à 7.422m. L’une de ses antécimes, le Ganesh V, à 6.770m est statistiquement l’une des montagnes les plus terribles du monde. Seules 5 expéditions ont tenté le sommet. Près de 15% des alpinistes qui ont voulu atteindre le sommet depuis 1980, année de la première, sont décédés sur la montagne. Une sur six.

Sherpa : métier à risque

Avec presque 1,2% de taux de mortalité chez les sherpas qui travaillent sur les sommets de 8.000, nous voici en présence d’un des métiers les plus risqués du monde. Une enquête de 2011 listait les métiers les plus dangereux aux Etats-Unis. Les grands perdants étaient les marins-pécheurs avec un taux de mortalité de 0,12%. Dix fois moins que les sherpas.

 

Les chiffres sont tirés de l’Himalayan Database. Cette base de données regroupe les informations quasi-exhaustives sur les expéditions himalayennes au Népal, du début du XXème siècle à nos jours. Les expéditions dans la région indo-sino-pakistanaise du Karakoram, sur les sommets chinois (comme le Shishapangma) ou sur les voies chinoises d’accès à des sommets à la frontière népalaise ne sont pas comptabilisées.

Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

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