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Expéditions hivernales 2019 : A la recherche de Nardi et Ballard

Le soleil vient de se coucher sur le Pakistan, l’occasion de faire le point sur la situation de l’expédition de Daniele Nardi et Tom Ballard au Nanga Parbat. Plusieurs informations ont circulé dans la journée, certaines fausses. Le résumé qui suit ne contient que des informations vérifiées.

Le point de départ

Depuis le 24 février dernier, Daniele Nardi et Tom Ballard n’ont pas donné signe de vie. Ils n’ont donc pas envoyé de message d’alerte comme on a pu le lire çà et là. Ils sont simplement en Silence Radio. Les raisons peuvent être multiples, à commencer par les plus prosaïques comme des batteries à plat, ou la perte de leur matériel de communication. Il est impossible de ne pas penser à des raisons plus tragiques.

C’est dans ce contexte que le Camp de base a décidé d’activer une mission de recherche pour parcourir la montagne et confirmer visuellement la position et l’état de santé des deux grimpeurs. Ce matin, le temps permettait d’observer la montagne à la jumelle et les hommes du camp de base n’ont noté aucun mouvement sur ou à proximité de l’éperon concerné ; pour ce qui est visible depuis leur position. Seul un officier de liaison et deux cuisiniers sont actuellement au camp de base.

L’impossible voie des airs

A 9h30 heure locale, un groupe était prêt à décoller de Skardu pour un survol de la zone. Parmi les membres de l’équipe, le grimpeur pakistanais Ali Sadpara, vainqueur avec Moro et Txikon du Nanga dans l’hiver 2016 (première hivernale) qui pourrait être déposé au camp de base. Dans l’optique d’une intervention à haute altitude, l’équipe russe présente au K2 a reçu une demande de son agence logistique. A ce stade, les hommes de Vassily Pivtsov se tiennent prêts mais rien n’indique que l’on aura finalement besoin d’eux.

Hélas, les tensions en cours à la toute proche frontière entre l’Inde et le Pakistan (Cachemire) ont entraîné la fermeture de l’espace aérien du Pakistan. Résultat, les hélicoptères sont cloués au sol et toute tentative de reconnaissance est stoppée net. Alors que le recours aux hélicoptères semble très aléatoire, le grimpeur Karim Hayat se dirige (par la route puis à pied) vers le camp de base. Il pourrait l’atteindre « d’ici demain soir ». Hayat faisait partie de la première phase de l’expédition de Nardi et Ballard jusqu’à la fin du mois de janvier. Les ambassades italiennes et britanniques essaient d’obtenir une autorisation de vol exceptionnelle mais le contexte ne laisse pas beaucoup d’espoir.

UPDATE 27/02/19 – 14h15 : l’armée pakistanaise accepterait de faire une exception dans le contexte actuel et se préparerait à une tentative de survol du Nanga, demain (jeudi) à la première heure. L’idée est de déposer Ali Sadpara le plus haut possible pour lui permettre de repérer les 2 alpinistes.

Une nouvelle tragédie après 2018 ?

Le souvenir de la tragédie de 2018 au Nanga Parbat est encore dans tous les esprits. Elisabeth Revol avait été sauvée in extremis, alors que son compagnon de cordée – Tomek Makiewicz – restait sur la montagne. Aucun élément ne permet de comparer ces deux événements. Nardi et Ballard n’ont pas appelé à l’aide, ils ont juste rompu le contact. « Attendons d’y voir plus clair avant de tirer des conclusions » plaident les alpinistes sur les réseaux sociaux.

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Illustration © DR

 

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