K2 low-cost

Le K2 en version low-cost : une Espagnole en mal de sponsors

Lina Quesada Castro est une cinquantenaire andalouse. Depuis plusieurs années, elle dépense toutes ses économies dans des expéditions sur les plus hauts sommets de la planète. Everest, Cho Oyu, Manaslu… au total 5 sommets de 8.000m et presque 6 avec un demi-tour si près du but au Dhaulagiri l’an dernier. 12 tentatives et 5 réussites ! Mais cette Sévillane n’est pas Crésus. Pour boucler ses budgets, elle doit trouver des sponsors. Seules des petites entreprises ou des connaissances acceptent de la soutenir.

« Je n’ai pas ces 20.000 € sur mon compte ! »

Selon elle, les gros sponsors ne s’intéressent pas aux initiatives féminines : « elles voient les équipes d’hommes comme plus fortes, plus en mesure d’atteindre le sommet ». Alors elle n’a pas le choix, Lina doit contracter un prêt pour sa nouvelle aventure au K2. Et le moindre détail est compté pour éviter de trop dépenser. Au total, son expédition devrait lui coûter quelques 20.000 €. Un vrai budget low-cost. Elle loue une partie du matériel sur place, comme sa tente. Le reste, elle le transporte avec elle dans l’avion. 30kg, pas un de plus, elle ne compte pas se permettre un supplément bagage. « Parfois, je dois porter mes bottes et ma combinaison dans l’avion pour alléger mes bagages » rigole-t-elle.  Et sur place, elle ne dépense pas sans compter. Elle n’engage pas un sherpa pour l’accompagner. Hors de question, trop cher. Elle grimpe seule.

Son budget très serré est parfois une source de danger. Lorsqu’elle s’attaque au Broadpeak, elle n’a que des chaussures adaptées à des 7.000. « Je ne sentais plus mes orteils, j’ai bien failli les perdre ». A cette époque, elle ne dispose que d’un petit duvet, elle dort avec sa combinaison, elle n’a pas le choix. En 2003 elle croise un de ses compatriotes, Iñaki Ochoa, il lui prête un sac de couchage. Mais cette solidarité disparait. « Maintenant, c’est surtout de la compétition » raconte Lina Quesada.              

L’appel des sommets est plus fort…

Elle voudrait bien ne jamais s’arrêter de gravir des sommets. Les 14 ‘8.000’ ? « Non, je ne peux pas me le permettre ! » conclue-t-elle. A chaque fois qu’elle rentre en Espagne elle est sûre d’elle : « je n’y retourne plus, je ne perds pas un mois de plus de ma vie à dormir sur un glacier, je ne dépense plus mes économies sur ces montagnes ». Et pourtant, l’appel des sommets est plus fort. Quelques semaines passent et elle commence déjà à réfléchir à une nouvelle expédition. « Que puis-je faire d’autre ? Si ces montagnes me rendent si heureuses ? me procurent tant d’émotions, de sensations intenses ? »

Lire son interview en intégralité sur As.com (en espagnol)

Illustration  © FB Lina Quesada Castro

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