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Triste bilan d’expé : 5 ans interdit au Népal, 40.000 € de dettes et 1 ami mort !

Sur le Chukima Go, sommet du Rolwaling (Népal), David Suela a vécu l’enfer. Il s’est retrouvé bloqué au milieu de nulle part quand son ami Felipe Valverde a chuté sous ses yeux. Fichu, incapable de redescendre seul, il était coincé. Il a bien cru qu’il allait mourir sur place. Finalement sauvé et ramené au pied de la montagne, il a pourtant compris que l’enfer ne faisait que commencer.

Tout d’abord il a eu la confirmation de ce dont il se doutait : son ami Felipe était mort. Ensuite il s’est retrouvé interrogé par les autorités pour une histoire de permis d’ascension non conforme. Enfin son assurance a déclaré forfait, visiblement ils n’avaient pas souscrit la bonne option. Les frais de secours seront à sa charge et à celle de la famille de Valverde.

5 ans d’interdiction de séjour au Népal

Les autorités népalaises viennent de le confirmer : David Suela et Felipe Valverde ne disposaient pas d’un permis en règle pour gravir le Chukima Go. Pour avoir grimpé en toute illégalité, le survivant David Suela se voit interdire l’entrée sur le territoire népalais pendant les 5 prochaines années. Une sanction assez forte quand on considère qu’en automne, le permis pour ce sommet coûte seulement 125 dollars (soit environ 110 €). Une paille si on compare ce tarif aux permis pour l’Everest ou même d’autres 8.000. Un représentant du Ministère du Tourisme expliquait à l’Himalayan Times : « cette décision a été prise pour décourager les grimpeurs d’agir illégalement en montagne ».

40.000 € de dettes

Dans le même temps, la compagnie d’assurances auprès de laquelle les deux Espagnols avaient souscrit une police a fait défaut. Le contrat souscrit par les deux hommes se limitait aux activités sous la barre des 5.000 mètres. Avec un sommet à 6.258 mètres, le Chukima Go est clairement au-delà de cette limite. L’assurance a donc logiquement refusé de s’occuper des deux grimpeurs, elle a aussi annoncé qu’elle ne prendrait pas en charge la facture. Cette dernière se révèle assez salée. Près de 40.000 € entre les hélicoptères, les frais d’ambulance, d’hospitalisation… Une somme que David Suela et son club d’escalade ne peuvent financer. Ces derniers jours, ils ont lancé un appel aux dons. Pour les aider à réunir la somme en question, vous pouvez obtenir plus d’infos ici !

Ce qui devait être une expédition entre amis sur un sommet peu fréquenté du Népal s’est transformée en enfer. Expulsé du pays et interdit d’y revenir pendant 5 ans, 40.000 € à trouver rapidement et évidemment… un ami mort sur la montagne.

Illustration Rolwaling © Santosh Mishra – Wikimedias

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3 réflexions sur « Triste bilan d’expé : 5 ans interdit au Népal, 40.000 € de dettes et 1 ami mort ! »

  1. La mort de Valverde est regrettable, ceci dit je suis effaré de voir David Suela oser mendier de l’aide afin de rembourser le coût de son sauvetage. Nous sommes en 2019 et ceux qui pensent encore pouvoir tromper le gouvernement népalais (y compris pour un simple trek) et s’en tirer sans conséquence sont des idiots. Comme stipulé dans l’article, le permis coûtait une somme dérisoire: dans ce cas pourquoi ne pas simplement l’avoir acheté avant de partir, histoire d’éviter ce genre d’ennui? Nous avons là l’exemple typique d’étrangers qui se croient au-dessus des lois et qui sont persuadés que la montagne leur appartient. La sanction peut paraître sévère mais ne nous y trompons pas: si les autorités népalaises laissent passer ça, d’autres encore tenteront le diable. Je trouve la sanction parfaite dans l’optique de dissuader d’éventuels futurs fraudeurs. Pour ce qui de la police d’assurance: Suela a menti à la compagnie en ne déclarant pas ses ambitions réelles – tout cela afin de payer moins à la base! – puis vient ensuite pleurer sur Internet parce que cette même compagnie a refusé de participer à son sauvetage et qu’il n’a pas l’argent pour rembourser le coût de ce dernier? De qui se moque-t-on? La tragédie ne doit pas faire oublier l’irresponsabilité effarante des deux amis; cela est malheureusement trop souvent le cas dans ce type de faits divers en haute altitude.

  2. Bravo bien dit !
    C’est ça qu’est bien avec ces pays là comparée a l’Occident bien pensant
    Ici celui qui a tord a raison…
    Alors que la bas on le roue de coup de bâton !

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