Nat Segal : une Australienne à Chamonix

Natalie Segal est une skieuse australienne. Grande championne dans l’univers du Freeride, elle se consacre aujourd’hui à des expéditions et des projets de films. Elle nous raconte son parcours, de son île natale à la poudreuse des Grands Montets. Elle nous parle de sa sœur, mais aussi de ses projets ! Deux films ou extraits vous permettront de mieux faire connaissance avec elle. Et si vous avez le courage de lire jusqu’au bout, elle vous dira même où la trouver si vous passez par Chamonix !

Rencontre avec Nat Segal

Altitude News – Nat, cette histoire a commencé en France il y a presque 10 ans. Qu’est-ce que tu es venue faire ici, à 17.000 km de chez toi ?

Nat Segal – Ma première fois à Chamonix, c’était l’hiver 2009. J’avais étudié le français au lycée puis à la fac et je voulais faire une année en France alors que je préparais mon diplôme des Beaux Arts. J’avais déjà pas mal skié en Australie, fait des compétitions en descente et en bosses mais c’était mon premier hiver à l’étranger.

Natalie Segal Australie CHamonix
Crédit Photos : Linus Meyer

En fait, la vraie première fois, c’était aux Arcs quelques années plus tôt, pour un échange au lycée. Mais j’ai finalement choisi Chamonix, sur les conseils d’amis qui avaient passé l’hiver ici. La ville et la montagne m’ont juste tellement impressionnée. Je me souviens de m’être trouvée debout dans le centre, à regarder vers le Mont-Blanc et les glaciers qui descendent dans la vallée. Les montagnes étaient gigantesques et je n’avais jamais skié sur un tel terrain de jeu. Après mon premier jour de poudreuse aux Grands Montets, j’ai pris mon premier « cours d’avalanche » (NDLR : formations pour mieux gérer les risques du hors-piste comme celles de la Avalanche Academy) et je n’ai plus jamais fait machine arrière. Depuis je passe beaucoup de temps à Chamonix, mais aussi à Salt Lake City, Jackson Hole ou Verbier.

<< Après mon premier jour de poudreuse (…)
je n’ai plus jamais fait machine arrière >>

 

A.N. – Tu as une grande sœur, Anna, skieuse également. Vous vous influencez comment ?

N.S. – Anna a passé 10 ans à concourir en slopestyle au niveau international. Elle a été médaillée d’or aux X-Games, sur la plus haute marche du podium en Coupe du Monde et 4ème aux Jeux de Sotchi. Elle a eu une influence énorme sur ma décision de concourir sur des gros événements. Sa victoire aux X-Games, c’était pendant ma première année à Chamonix. Ça m’a donné confiance pour m’inscrire à mon premier Freeride World Qualifier. Son expérience et ses conseils me sont précieux pour éviter pas mal d’embûches dans ma carrière !

A.N. – Ensuite, tu as eu plusieurs années de compétitions, notamment dans le Freeride World Tour, qu’est-ce que tu gardes de cette époque ?

N.S. – J’ai passé 6 ans dans le Freeride et le Freeskiing World. C’était une expérience dingue, j’ai beaucoup voyage en Amérique du Nord, en Europe, en Nouvelle-Zélande et mon niveau de ski a sacrément progressé. Il y a eu beaucoup de hauts et de bas mais la compèt m’a vraiment appris à m’entrainer dur et à acquérir de nouvelles compétences. Ce dont je me souviens aussi, c’est la super communauté des compétiteurs, organisateurs, juges. C’est vraiment une belle famille, ils sont tous de supers soutiens.


<< la compétition, ce n’est peut-être pas vraiment fini ! >>

 

A.N. – Maintenant, la compétition est terminée. Qu’est-ce que tu fais de tes journées ? Dis nous en + sur une expédition au Groenland, c’était un peu plus que du ski non ? 

N.S. – Oui j’ai participé à ma dernière compétition en 2016 mais ça veut pas dire que c’est vraiment fini. Là je me consacre à d’autres projets comme Shifting Ice and Changing Tides. J’ai bossé sur cette expédition avec 5 amies nord-américaines. Notre équipe 100% féminine a navigué d’Islande au Groenland pour réaliser les premières descentes de pas mal de pentes et pour parler du changement climatique dans la région. L’expé a été un succès, au-delà de ce qu’on espérait.

On a réalisé 8 premières descentes dans le Sud du Groenland, dans une zone qui n’avait jamais été skiée à cause des mouvements de la banquise. Le ski était incroyable mais la navigation c’était autre chose. Heureusement, on avait un super capitaine et le skipper qui ont vraiment géré notre voilier. Pendant le voyage, on a collaboré avec des scientifiques pour qui on a récolté des échantillons de banquise et d’eau pour analyser la présence de plastiques et autres polluants.

Film de l’expédition au Groenland

A.N. – Et maintenant ?

N.S. – Je viens juste de terminer un film qui s’appelle Finding The Line, que je coproduis avec ma soeur Anna et que Bjarne Salén a réalisé. Le film utilise le ski pour parler de la peur et de son impact sur nos vies et nos aspirations. Je viens de le présenter en avant-première à Whistler (Canada) et je travaille sur la sa distribution. Mais je vais surtout profiter de la neige de cet hiver à Chamonix, elle est folle !

Bande Annonce Finding The Line

A.N. – T’es à Chamonix tous les hivers, alors tu nous conseilles quelque chose (en dehors du ski) ?

N.S. – Il y a plein de supers bars ou restos. J’aime bien aller manger un morceau au MOO bar  (NDLR : au 239 av Michel Croz) et aller boire un verre de prosecco au ChaChaCha (134 av Ravanel le Rouge). Et puis il faut passer au Moody Coffee (195 av de l’Aiguille du Midi), ils ont les meilleurs lattés de Chamonix !

EN SAVOIR PLUSShifting Ice and Changing Tides

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Illustration principale : Nat Segal by Linus Meyer, tous droits réservés.

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