mensonges 8000

Un alpiniste pris en flagrant délit de mensonges sur son ascension à 8000 mètres ?

Début mai, un alpiniste italien serait allé au sommet du Kangchenjunga. Ou peut-être pas. Le doute est suffisamment sérieux pour regarder de plus près. Alors, une nouvelle histoire de mensonges à 8000 mètres ?

Le 7 mai, l’alpiniste italien Marco Confortola publiait sur son compte Instagram une photo de sa montre altimètre. Elle affichait fièrement 8.592 mètres. Une altitude supposément relevée au point culminant de l’expédition du Transalpin, sur le sommet du Kangchenjunga. Ce printemps, Confortola faisait l’ascension de la troisième montagne de la planète. Mais certains regards avisés ont semé le doute, comme le souligne Explorersweb, site spécialisé habitué à enquêter sur ce type de controverses (lien en anglais). Plusieurs éléments permettent de douter. Confortola est-il allé au sommet comme il l’affirme ? La question est posée notamment avec la photo suivante, postée deux jours plus tard. Non seulement elle ne montre pas le grimpeur au sommet, mais elle pourrait n’être qu’un découpage d’un autre cliché. Ce dernier a été pris le jour présumé du sommet par le Pakistanais Shehroze Kashif. Les deux photos ci-dessous. A les analyser de plus près, les nuages sont au millimètre près au même endroit…

Le media Explorersweb rapport aussi des témoignages du camp de base évoquant des doutes sur la présence de Confortola au sommet. En réussissant l’ascension de cette montagne, l’Italien clame pourtant avoir gravi 12 sommets de plus de 8.000 mètres, à chaque fois sans oxygène. Depuis, il semble indisponible pour commenter l’affaire, contraint par des examens médicaux.

Les alpinistes et les mensonges, un classique à 8000 mètres ?

Régulièrement, certains alpinistes ne font prendre les doigts dans le pot de confiture, en flagrant délit de mensonge au sujet de leurs prétendues réalisations. On entend régulièrement parler des membres d’expéditions commerciales à l’Everest qui pipotent sur leur arrivée au sommet. Mais même chez les alpinistes professionnels, on a parfois de drôles de surprises. Comme sur la face sud de l’Annapurna signée Ueli Stek en 2013. Pour Confortola, si les témoignages sont problématiques et la photo très probablement recadrée sur une autre publication, attendons d’entendre la parole de l’alpiniste incriminé. Quoiqu’il en soit, le manque de preuve formelle de sommet jette l’opprobre sur les ascensions de l’Italien. A suivre.

Illustrations © DR

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