chèvres pashmina

Himalaya : les éleveurs de chèvres Pashmina en passe de disparaitre ?

A plus de 4.000 mètres d’altitude dans l’Himalaya, les éleveurs de chèvres Pashmina se font de plus en plus rares. La production de l’un des cachemires les plus précieux au monde est bel et bien en péril.

Sur le plateau du Changthang, à 4.500 mètres d’altitude, un journaliste de The Economist n’a pas rencontré grand monde. Quelques chèvres et de rares éleveurs. Sur ces contreforts indiens de l’Himalaya, on trouve une espèce de caprins très rare. La chèvre pashmina, qui fournit l’un des cachemires les plus prisés. Les châles en pashmina se vendent au prix fort de Milan à New York. En quelques décennies, les éleveurs ont constaté des changements radicaux dans le climat de leur région. Les précipitations se font plus exceptionnelles et les températures ont grimpé. En conséquence, l’herbe pour les bêtes se fait de plus en plus discrète. La taille des pâtures avait déjà bien diminué avec la fermeture de la frontière avec le Tibet voisin. Plus possible de faire fi de cette démarcation en quête d’herbe ! Et toute une partie de la région, fortement militarisée, n’est plus fréquentée par les éleveurs.

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Moins de nourriture, un cachemire de moins bonne qualité

Avec moins de nourriture, les chèvres sont plus fragiles et leur cachemire de moins bonne qualité. De nombreuses bêtes meurent de faim prévient IndiaToday. Dans un article de Livemint, on découvre un éleveur dont le troupeau est passé de 500 têtes à 130 en quelques décennies. En quête de pâtures, les troupeaux sont désormais déplacés tous les mois, presque deux fois plus souvent qu’auparavant. Et les nomades chassent les concurrents. Notamment le Kiang, ou âne sauvage du Tibet, qui prétend à la même herbe. Au milieu de nulle part, les éleveurs se voient contraints de dresser des clôtures pour préserver la nourriture de leurs bêtes, explique un spécialiste du WWF au Times of India.

Les jeunes générations fuient les chèvres Pashmina

Le travail est de plus en plus dur, et les candidats à cette vie sont rares. Car si le produit fini, qui arrive sur les étals occidentaux, est plutôt luxueux, ce ne sont pas les producteurs qui en profitent. La quantité de fibres cédée tout juste 35 Euros par l’éleveur se verra transformée en deux châles. Ils seront vendus au moins 250 Euros pièce à l’autre bout du monde, soit 500 Euros environ. Des prix astronomiques qui ajoutent à la frustration de ceux qui font face aux dures conditions des hauts plateaux himalayens et peinent à survivre.

Eleveurs nomades de génération en génération, les populations locales voient leurs enfants partir à la ville, en quête d’une vie plus confortable. Pour gérer des milliers de bêtes, les éleveurs nomades manquent de bras. Malgré les efforts faits par le gouvernement local pour développer quelques infrastructures sur le plateau du Changthang, comme une route permettant d’y accéder en hiver, la vapeur semble difficile à inverser. Les décideurs locaux voudraient créer un label pour différencier le pashmina du cachemire et favoriser cette industrie mais la quantité à vendre est faible.

Si la plus grande partie de la production de cachemire provient de Chine et de Mongolie, le cachemire pashmina est presqu’exclusivement produit dans la région du Changthang (Ladakh, Inde). Une production très modeste, environ 50 tonnes par an, dont l’avenir est loin d’être garanti.

Illustrations – chèvres au Ladakh © Pixabay

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Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

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