George Finch

Expérimentée sur l’Everest, la doudoune fête ses 100 ans !

En 1922, l’ancêtre de la doudoune faisait son apparition lors d’une expédition à l’Everest. Derrière cette idée pionnière, George Finch, un Australien alors âgé de 34 ans. A cet époque, le vêtement était loin de ressembler à celui qu’on connait aujourd’hui.

Le Français Pierre Allain comme l’Américain Eddie Bauer fabriquaient des doudounes dès les années 1930. Bauer a d’ailleurs été le premier à déposer un brevet en la matière. C’était en 1940. S’il est décédé en 1986, sa marque éponyme a subsisté et fabrique toujours des vêtements dédiés à l’aventure. Mais en réalité, si on fait abstraction des tenues traditionnelles de plusieurs peuples du grand nord canadien qui utilisaient du duvet comme isolant, il faut remonter de quelques années en arrière pour voir apparaitre les premières vestes en duvet.

Un physicien australien avait eu l’idée de recourir aux plumes de canard pour isoler ses vêtements. Il avait testé son invention grandeur nature lors de l’expédition britannique à l’Everest en 1922. Car non content d’être un scientifique et inventeur à ses heures, George Finch était aussi un alpiniste. En mai 1922, il avait même atteint l’altitude record de 8.321 mètres. A cette époque, personne n’était jamais allé aussi haut. Il fut aussi l’un des premiers à mettre au point un système à oxygène dédié aux alpinistes de haute altitude. Des travaux clé pour la réussite des expéditions britanniques suivantes et notamment celle qui fut un succès à l’Everest en 1953.

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L’invention de George Finch est d’abord moquée

En 1922, Finch a donc l’idée d’utiliser de la toile de ballon à air chaud, solide et isolante. Il la rembourre avec des plumes de canard. Au début de l’expédition, cette invention n’attire que les moqueries. Les gentlemen britanniques qui composent l’équipe n’imaginent pas se passer des pulls en laine et des vestes en tweed. Alors cet étrange manteau vert ne leur inspire que des critiques voire des insultes. George Mallory, alors principal rival de Finch dans la quête du sommet, est parmi les premiers à tourner l’invention en ridicule.

Finch dénote dans ce milieu d’aristocrates britanniques. Cheveux longs, divorcé et surtout, il est originaire d’Australie. Et il se révèle bon grimpeur, peut-être meilleur que Mallory. Alors avec un tel pédigrée, il n’est pas le bienvenu dans l’expédition et tout ce qu’il propose fait l’objet de critiques. C’est aussi le cas de son matériel à oxygène, même si son manque de fiabilité est aussi à rappeler.

Désormais incontournable des expéditions extrêmes

Au bout de quelques semaines pourtant, on ne rigole plus. Les températures ont chuté et seul Finch ne souffre pas du froid. Il écrit alors dans son journal : « désormais tout le monde envie ma veste en duvet, il l’est plus question de s’en moquer ». Deux ans plus tard, Finch n’est plus invité à l’expédition à l’Everest. Et Mallory refuse de porter une telle veste. C’est avec son tweed qu’il périra à près de 8.000 mètres d’altitude.

Pour l’expédition de 1953 en revanche, une version améliorée de cette doudoune pionnière allait être mise au point et portée par Edmund Hillary jusqu’au sommet. Aujourd’hui, les himalayistes qui s’aventurent en haute altitude sont systématiquement équipés de combinaisons en duvet. Quant aux skieurs du monde entier, ils arborent aussi des déclinaisons de l’invention de Finch. Au-delà des pratiquants de la montagne et des expéditions polaires, la doudoune a également connu un grand succès auprès du grand public. Notamment lorsque la Princesse Diana arbore sa célèbre doudoune rouge lors d’un séjour de ski en Autriche.

Illustrations © Alpine Journal  

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Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

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