L’hydrologie du glacier de l’Everest : un système complexe et dynamique

Le projet EverDrill a débuté il y a plusieurs années. Cette mission scientifique visait à mieux comprendre le fonctionnement du glacier du Khumbu (Vallée de l’Everest), un exemple de glacier recouvert de débris. Déjà l’an dernier, les premiers résultats avaient mis en évidence des glaces bien plus chaudes que ce que les scientifiques envisageaient. Cette semaine, un des responsable de l’étude évoquait des mesures réalisées au niveau du camp de base de l’Everest, à 5.200 mètres d’altitude. « La glace la plus froide que nous ayons mesurée était à seulement -3,3°C ; c’est bien plus chaud que ce que nous imaginions pour un glacier à une telle altitude ». L’étude explique qu’une proportion importante de la glace était plus chaude que la température de l’air.

Une étude des réseaux sous-glaciaires

Pour mieux comprendre le glacier, les scientifiques britanniques et népalais ont réalisé plusieurs dizaines de forages, certains descendant jusqu’à 190 mètres sous la surface. Ils y ont installé des capteurs de températures qui sont restés en place plusieurs mois. La dernière phase de cette étude cherchait à mieux comprendre comment l’eau de fonte circulait sous la surface du glacier. Les chercheurs ont utilisé des colorants fluorescents pour essayer de suivre le parcours de l’eau à travers le glacier. Un sujet clé quand on pense que les glaciers de l’Himalaya sont la source en eau de près d’1,4 milliards d’habitants.  

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Les résultats mettent en évidence un système complexe de drainage souterrain qui constitue « le principal réseau de drainage pour la zone d’ablation du glacier » ; le drainage de surface venant compléter ce système. L’étude des vitesses d’écoulement révèle également que le « système ne semble pas impliquer de stockage à long terme ». L’eau de fonte s’écoule rapidement une fois qu’elle pénètre dans les profondeurs du glacier. L’eau qui transite en surface par un système de lacs ou d’étangs reliés met beaucoup plus de temps à progresser vers l’aval. Les deux systèmes (en surface et sous la glace) ne semblent pas être reliés.

Suite des recherches et partage des résultats

Les chercheurs, menés par Katie E. Miles et Duncan Quincey, souhaitent pousser plus loin ces recherches pour être plus à même de prédire la fonte de ces glaciers. « De telles connaissances sont essentielles étant donné le nombre important de personnes qui dépendent de la fonte de la neige et de la glace de l’Himalaya » pour leur approvisionnement en eau.

Ces derniers jours, l’équipe de scientifiques était dans les villages de la vallée du Khumbu pour faire connaître les résultats de cette étude. Plusieurs dizaines de locaux, notamment des élèves des écoles de la vallée, se sont ainsi intéressés à cette étude. Une dernière présentation a eu lieu à Katmandou réunissant des représentants importants du Népal.

Lire aussi : l’étude dans son intégralité (en anglais)

Illustration  © DR

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