La pression atmosphérique, ennemie des himalayistes hivernaux !

La pression atmosphérique ? Une histoire d’hectopascals qui se mesure avec un baromètre. Si c’est la seule chose que vous savez sur le sujet, restez un peu, vous allez en apprendre davantage ! En fait, c’est tout simple, la pression atmosphérique, c’est la pression de l’atmosphère. Plus exactement la pression exercée par l’atmosphère sur la Terre ! Au niveau de la mer, elle équivaut à 1.013 hPa (les fameux hectopascals). La plupart du temps, car en fonction de différents facteurs, elle varie.

[Mise en garde à l’attention des scientifiques qui lisent cet article, il s’agit d’une tentative de vulgarisation du sujet, pas d’un article scientifique ;-)]

Souvent pression varie…

Elle varie notamment en fonction de l’altitude. Plus on grimpe, plus la pression diminue (voir tableau ci-dessous). Normal, la quantité d’air au-dessus de notre tête diminue (l’air compris entre le niveau de la mer et le sommet n’est plus à prendre en compte, ça nous allège vachement !).

Autre paramètre clé qui fait varier cette pression : les flux d’air, qui fonction de leur température et de tas de choses complexes vont monter ou descendre. Créant des anticyclones (oui, comme l’anticyclone des Açores !) ou des dépressions. Si les premiers sont plutôt synonymes de beau temps, les dépressions sont plutôt synonymes d’un temps instable. Dans les zones de dépression, la pression atmosphérique diminue (l’inverse dans les anticyclones !).  

Quand les deux dimensions s’additionnent : altitude + dépression, le cocktail est détonnant. Non seulement, un temps instable est à prévoir mais surtout, la pression atmosphérique descend ! Et alors ?

Lire aussi : VRAI ou FAUX ? Il y a moins d’oxygène en altitude ?

Qui dit pression atmosphérique dit pression d’oxygène !

A peu de chose près, il y a toujours autant d’oxygène dans l’air en proportion. Presque 21% de l’air est donc composé d’oxygène. Sauf qu’avec cette pression plus faible, l’air se raréfie, et l’oxygène avec. Le même volume d’air contient moins de molécules. Qui dit moins d’air, dit moins d’oxygène, dit plus de mal à respirer !

A 8.000 mètres, les alpinistes voient la pression atmosphérique divisée environ par 3. Comprendre il y a 3 fois moins d’oxygène dans un même volume d’air.  Et de fait, il y a de moins en moins d’oxygène dans le sang (voir Saturation pulsée du sang ci-dessous, le taux normal, au niveau de la mer est supérieur à 94%) et les performances physiques diminuent drastiquement.

Altitude (m) Pression (hPa) Pression partielle d’oxygène (mmHg) Performances physiques (VO2max) Saturation pulsée du sang en oxygène (SpO2)
0 1.013,25 159 100% > 90 %
2.000 794,98 125 90% ~ 90 %
4.000 616,45 97 80% < 90 %
6.000 471,87 74 60% < 80 %
8.000 356,06 56 30-40% < 70 %

Tout ceci quand la pression n’est pas bousculée par ces histoires de dépressions et d’anticyclones. Si on se retrouve à 8.000 mètres avec une dépression, on aura le même effet qu’une altitude plus élevée sans la dépression. En plein hiver, quand les conditions ne sont déjà pas simples, gravir un très haut sommet se révélera d’autant plus dur si la montagne est située dans une zone dépressionnaire.

Illustration © OpenStreetMap – Meteoblue

3 Commentaires

  1. Salut,

    C’est possible de vulgariser aussi les prévisions météos en montagne en fonction des saisons? Ou des trucs et astuces pour prédire la météo en montagne?
    Genre le vent transporte la neige à partir de 20km/h ou bien, la augmentation de l’altitude de 8m en une nuit —> Dégradation…
    Merci pour vos articles!

    Eric C

  2. D’où les difficultés qu’il y a à gravir un sommet proche des pôles, où la pression est plus basse (et l’air plus sec) qu’à l’équateur. La pression change avec la latitude et l’altitude et la météo. Ça en fait des facteurs pour compliquer une ascension !

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