Everest : les sherpas déjà en train de préparer l’arrivée des expéditions

A un mois du début de la saison Printemps 2020 à l’Everest, la logistique des expéditions commerciales s’affole. En quelques semaines, il faut acheminer jusqu’au camp de base des tonnes de matériel pour transformer un désert en petite ville éphémère. Cette année, près de 30 expéditions pourraient s’y installer. Au même moment, il faut anticiper la préparation du glacier du Khumbu. Cette immense « Cascade de glace » qui barre la route des alpinistes vers les camps supérieurs.

Le glacier en cours de préparation

Pour franchir le glacier, l’itinéraire est chaque saison différent. Il faut composer avec les crevasses béantes (et celles qui se cachent) et les séracs menaçants. Les mouvements du glacier rebattent sans cesse les cartes. Une équipe de 8 sherpas spécialistes s’est mise en route hier depuis Namche Bazar à quelques jours du camp de base (en anglais) . Ces icefall-doctors vont tracer la voie à travers le glacier en l’équipant en cordes fixes et lorsque c’est nécessaire en échelles. Qu’il s’agisse de gravir une paroi glacée trop verticale ou de sauter une crevasse trop large, les échelles sont incontournables entre le Camp de base et le Camp II.

Ces icefall-doctors sont engagés par le Sagarmatha Pollution Control Committee (SPCC), une structure locale qui non contente de gérer la question des déchets dans la région s’occupe de la sécurisation du glacier. Le SPCC fait payer à chaque grimpeur une taxe de 600 dollars (environ 530 Euros) pour financer cette dangereuse tâche.

Le camp de base prend forme

Dès le mois de février, des sherpas ont fait des allers-retours pour le compte des différentes expéditions pour « réserver » les meilleurs emplacements au camp de base. Dans le même temps, les agences organisaient l’acheminement du matériel jusqu’à la vallée de l’Everest. Pré-acheminé en camion au plus près de la région, à une journée de route de Katmandou, le gros matériel est souvent déposé dans la vallée du Khumbu grâce à quelques rotations d’hélicoptères. Multipliées par le nombre d’expédition et ce sont des journées chargées dans le ciel de l’Everest.

Stocké dans des réserves sécurisées dans la vallée, ce matériel est ensuite acheminé le moment venu vers le camp de base. Certaines expéditions ont toujours recours aux yaks, d’autres continuent en hélicoptères. Dans ces lourds tonneaux de plastique bleu très caractéristique, on trouve notamment des semaines de vivres. Encore plus précieux, des centaines de bouteilles d’oxygène sont également transportées vers le camp de base. Elles seront indispensables à l’ascension des « clients ». Au printemps 2019, seuls 0,2% des grimpeurs s’étaient passé des précieux cylindres.

Illustration Everest Sherpas Préparation © SPCC

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