Lukla aux portes de l'Everest

Une route entrera bientôt dans la vallée de l’Everest !

Engagés depuis 6 ans, les travaux progressent et pourraient se terminer d’ici fin 2022. A cette date, une route arrivera aux portes de la vallée de l’Everest.

Dans quelques mois, on pourra débuter son trek vers le camp de base de l’Everest en voiture ? Aujourd’hui, entrer dans la vallée de l’Everest peut se faire de deux manières. Par la voie des airs, des petits avions relient quotidiennement Katmandou à Lukla, premier village de la vallée. C’est l’option privilégiée par les touristes. Ou à pied, depuis Jiri ou Phaplu (Phaphlu ou Paphlu, différentes orthographes existent), au choix. Respectivement 5 à 7 et 2 à 4 jours de marche. Ces itinéraires pédestres sont notamment fréquentés par nombre de porteurs, des caravanes de mules qui transportent des marchandises et quelques touristes qui veulent sortir des sentiers battus de la vallée de l’Everest.

Une route depuis Phaplu

On arrive à Jiri ou Phaplu par la route. Et c’est de Phaplu qu’un projet très avancé se prépare à rallier Lukla. Une route est en construction le long des rives de la Dudh Kosi, la rivière du secteur. Les pelleteuses et les dynamitages vont bon train, la route doit être terminée fin 2022. Les travaux ont débuté en 2014 pour terrasser les 77 kilomètres de cette nouvelle voie. Pas moins d’une douzaine de ponts doivent être construits. Entre les difficultés du terrain et les manques de financement, les travaux peinent mais rien ne semble les arrêter.

Malgré le coronavirus, les pelleteuses ont continué leur travail. Un des édiles locaux, soutien du projet depuis la première idée, est mort pendant l’été. Mais son projet continue, malgré la trésorerie manquante. Il faut dire que la région, qui vit largement du tourisme, ne peut pas compter sur cette ressource cette année. Le dernier tronçon de route, entre Thamdada et Chaurikharka (au pied de Lukla).

Route entre Phaplu et Chaurikarka (Lukla) en bleu.

Des impacts nombreux, l’exemple des Annapurna

Au-delà de l’amélioration des conditions de vie des habitants de la vallée de l’Everest, les promoteurs de cette route voyaient une manière de faciliter le développement touristique. Notamment par comparaison avec le Tibet voisin où une route asphaltée permet d’atteindre le camp de base de l’Everest. Les impacts sur l’environnement de la construction comme de l’afflux potentiel de nouveaux visiteurs ne sont pas négligeables même si les responsables du Parc National de Sagarmatha tentent de les prendre en considération. Tout comme les impacts sur la culture des lieux.

Quand aux dommages collatéraux, ils peuvent être nombreux et insoupçonnés. Lorsqu’une route a commencé à désenclaver la région des Annapurna il y a quelques années, les impacts ont été nombreux. Tous les lodges et restaurants jadis sur les itinéraires des randonneurs ont perdu tous leurs clients quand une route a permis aux touristes de ne plus s’arrêter chez eux .

Une amélioration des conditions de vie dans la vallée de l’Everest

Mais une route permettra de désenclaver la région et d’améliorer certains aspects du quotidien. Le Nepalitimes (lien en anglais)  cite notamment l’exemple de la bouteille de gaz. Vendue l’équivalent de 10 Euros à Katmandou, elle coûte aujourd’hui dix fois plus cher une fois transportée, à dos de mules ou d’hommes, jusqu’au cœur de la vallée du Khumbu (la vallée de l’Everest). Son utilisation est pourtant vitale pour les habitants. De nombreux produits de première nécessité sont également concernés parce qu’impossible à produire localement.

Illustrations © Superikonoscop CC BY-SA 3.0 / Contributeurs Openstreemap

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Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

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