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Amputations à venir, de retour d’une expédition à 8.000 mètres

Coincé trop longtemps à haute altitude sans oxygène lors de sa dernière expédition, Fahad Badar va subir l’amputation de 4 doigts, laissés sans vie par le froid.

La très haute montagne n’est pas un univers sans danger. Même lorsque l’on prend part à une expédition commerciale. L’alpiniste qatari Fahad Badar vient d’en faire l’amère expérience. En juillet dernier, il réalisait l’ascension du Broad Peak, un sommet du Karakoram (Pakistan). Avec ses 8.047 mètres, le Broad Peak n’a pas la sombre réputation de son voisin le K2 mais le gravir n’est tout de même pas une sinécure. Surtout lorsque l’équipe sur laquelle on s’appuie n’est pas toujours au rendez-vous. Quelques heures après son retour au camp de base, Badar racontait sa mésaventure. Ses porteurs, malades, qui font demi-tour avant d’atteindre le sommet puis son guide qui redescend « sans me donner d’indications sur la descente ». Badar arrive finalement au sommet mais sa réserve d’oxygène s’épuise en début de descente.

La logistique de l’expédition à l’origine de cette amputation ?

Pendant plusieurs heures, il est exposé à des températures très basses. Au même moment, le Sud-Coréen Kim Hong-Bin se tue dans une crevasse, non loin de là. Ses quelques heures de descente vont être fatales à sa main gauche. En arrivant au camp de base, il constate que ses doigts sont gelés. Plusieurs mois après, les traitements n’ont rien fait. Il va être amputé de 4 doigts. Il fait face : « ma vie, mon corps ne seront plus jamais les mêmes après cette opération. Aurai-je encore l’envie et la capacité de gravir des montagnes ? ». Badar n’était pas un débutant, il avait déjà participé à des expéditions de ce type. En début d’année, il était au sommet de l’Ama Dablam. En 2019, c’était Everest et Lhotse à la suite.

Comme les nombreux clients d’expéditions commerciales, il était néanmoins à la merci de l’organisation et de la logistique de son opérateur. Avec un porteur absent, deux porteurs malades et un guide qui n’avait plus assez d’oxygène, les risques pris lors de l’ascension étaient décuplés. Car si nombre de grimpeurs sont capables d’atteindre le sommet et de revenir sain et sauf avec leur guide, se débrouiller seul sur la montagne requiert une toute autre expérience. Le prix à payer pour Badar se compte en doigts. D’autres ne sont jamais revenus.

Illustrations – opération chirurgie © Pixabay

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