Walter Bonatti

Exploits et tragédies : Walter Bonatti

Né à Bergame dans les années 1930, Walter Bonatti est l’un des plus célèbres alpinistes de tous les temps. Retour sur quelques moments clés de sa carrière.

1951 – Le Grand Capucin

Eté 1950, la météo contraint Walter Bonatti à renoncer par deux fois à son ascension du Grand Capucin (3.838m) par la Face est. Un an plus tard, la troisième tentative est la bonne. Accompagné de son compatriote Luciano Ghigo, il parvient au sommet en trois jours. Ils sont de retour au refuge Torino dans la nuit du quatrième. Cette voie, qui porte désormais son nom, est cotée ED (Extrêmement Difficile).

C’est en réalisant cet exploit qu’il commence à être considéré comme l’un des alpinistes les plus brillants de sa génération. L’ascension de cette voie se déroule aujourd’hui en une journée au départ du Refuge Torino !

EN SAVOIR PLUS > Le Topo de la voie sur CampToCamp 
Grand Capucin
Le Grand Capucin

1954 – le K2

Dans les années 1950, les nations occidentales partent à la conquête des sommets de plus de 8000m en Himalaya. Ces expéditions nationales ont un vrai retentissement à l’époque. Après le succès de la France à l’Annapurna en 1950, les autres pays multiplient les expéditions sur les hauts sommets. L’Everest est la cible des Suisses et des Anglais. Le K2 est le domaine des Italiens.

En 1954, le géologue Ardito Desio prend la tête de l’expédition italienne sur la seconde montagne du monde. L’équipe compte les guides de haute montagne Achille Compagnoni, Lino Lacedelli mais surtout le tout jeune Walter Bonatti. D’autres alpinistes et scientifiques complètent l’expédition. Sur la montagne, c’est Compagnoni qui mène la danse. Desio n’a rien d’un alpiniste et il reste au Camp de Base.

Dans la phase finale, la cordée Compagnoni-Lacedelli est en tête. Bonatti et Mahdi (un porteur) grimpent pour apporter des bouteilles d’oxygène à la cordée de tête. Peinant à trouver le camp pour les déposer, ils sont contraints à passer une nuit dehors à environ 8.100m d’altitude. Le 31 juillet, les deux hommes de tête atteignent le sommet en grande partie avec les bouteilles d’oxygène déposées par Bonatti et récupérées quelques heures plus tôt.

Le porteur est grièvement gelé. Bonatti s’en tire bien mais il lui reste un goût amer. Pour lui, Compagnoni et Lacedelli n’ont pas trop cherché à les aider, ne voulant pas mettre en péril la réussite de l’ascension. Avec une nuit passée dans la neige à plus de 8.000m, la fin de l’histoire aurait pu être bien plus tragique. Le goût est d’autant plus amer que les summiters affirment avoir atteint le sommet sans oxygène, accusant Bonatti et son acolyte d’avoir consommé une partie des bouteilles pendant leur nuit improvisée.

Walter Bonatti finira par gagner son procès en diffamation en 1964. Ce n’est pourtant qu’en 2004 que le Club Alpin italien accepte d’accréditer la version de Bonatti.

K2 expé
Expédition 1954 au K2

1955 – 1965 – Lé décennie des ouvertures

De retour du K2, Bonatti enchaîne les exploits en grande partie dans les Alpes. Il ouvre, seul, l’itinéraire sur le pilier Sud-Ouest du Petit Dru, qui prit son nom. L’Eperon Whymper aux Grandes Jorasses, le pilier rouge du Brouillard sont quelques-une de ses réussites estivales. En hiver, il réalise une première à l’Eperon Walker aux Grandes Jorasses et en face Nord du Cervin.

Mais les Alpes ne sont pas son seul objectif. Il réalise la première ascension du Rondoy, qui culmine à 5.870m dans la Cordillère Péruvienne. Encore une première au Pakistan où il atteint le sommet du Gasherbum IV, à près de 7.925m.

Gasherbrum 4
Bonatti au Gasherbrum IV

1961 – La Tragédie du Pilier Central du Freney

En 1961, le Pilier Central du Freney est l’une des dernières grandes difficultés du Massif du Mont Blanc. Au début du mois de juillet, un groupe de parisiens adeptes des rochers de Fontainebleau s’y intéresse. Parmi eux, le futur ministre Pierre Mazeaud. Ils rencontrent une cordée italienne composée notamment de Walter Bonatti. Ensemble, ils pensent pouvoir arriver au sommet. La météo va en décider autrement. Quelques dizaines de mètres à peine sous leur objectif, l’orage éclate. Ce qui aurait pu être un orage passager est en fait l’une des plus terribles tempête de la décennie. Toute la France est touchée. Ils vont rester 5 jours et 5 nuits dans la montagne, entre les éclairs et les coups de tonnerre. Sur les 7 alpinistes partis de Chamonix, seuls 3 reviendront vivants. Mazeaud, Bonatti et l‘italien Galienni s’en sortent miraculeusement.

EN VOIR PLUS > Bonatti au Freney 

Walter Bonatti est décédé en 2011, longtemps après avoir pris sa retraite d’alpiniste à la fin des années 1960 !

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Eric T.

Eric, spécialiste de l'univers de la montagne, a mis son baudrier et ses crampons de côté pour rédiger des articles pour : Altitude.news. Business, Nature et Alpinisme sont les trois rubriques principales dans lesquelles vous pouvez retrouver ses articles. Ce montagnard d'adoption est à l'affût d'histoire et d'anecdotes insolites à partager avec ses lecteurs. Pour le contacter directement : eric@altitude.news !

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Une réflexion sur « Exploits et tragédies : Walter Bonatti »

  1. Bonjour,
    Super article mais la vidéo de fin est en privé sur Youtube,
    serait-il possible d’avoir l’accès ?

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