En altitude, le corps se dégrade inexorablement

Quittez le plancher des vaches pour vous retrouver au-delà de 3.000 mètres et vous allez vivre une drôle de sensation. Le souffle court, peut-être quelques maux de tête. Essayez de faire un peu d’exercice et vous allez réaliser que votre métabolisme ne vous suit plus… Que se passe-t-il en altitude ? Et pire, en très haute-altitude ?

Moins d’oxygène, le corps tente de s’adapter

En s’éloignant du niveau de la mer, la quantité d’oxygène diminue. Plus vous montez, plus la densité de l’air faiblit. Pour une même respiration, il y a moins d’oxygène ingéré par votre organisme. La réaction automatique de votre corps est donc de respirer à un rythme plus élevé. En inspirant plus d’air, vous compensez en partie ce manque d’oxygène.

Dans le même temps, votre rythme cardiaque s’accélère. Objectif ? Augmenter la vitesse de circulation du sang, ainsi le sang tente tant bien que mal à « attraper » une plus grande quantité d’oxygène !

Si vous demeurez un peu plus longtemps en altitude, votre corps va faire beaucoup mieux. Il va adapter sa capacité à « capter » l’oxygène. Ce sont les globules rouges qui dans notre sang ont ce rôle de capter l’oxygène au niveau des poumons et de l’apporter aux organes qui en ont besoin pour fonctionner. Alors s’il y a moins d’oxygène, le corps multiplie ces globules rouges.

Le mécanisme est étonnant. Lorsqu’il est moins oxygéné, le sang déclenche une injection d’EPO. Oui, le produit dopant, bien connu dans l‘univers du cyclisme il y a quelques années. Notre corps est capable d’en sécréter naturellement. Cette hormone va favoriser la multiplication des globules rouges. Résultat : la concentration en globules rouges augmente et la capacité du sang à fixer de l’oxygène est démultipliée. Les organes sont donc correctement oxygénés.

Ce dernier processus peut prendre plusieurs semaines. Lors d’un trek en altitude ou d’une expédition en haute-altitude, cette phase d’acclimatation est indispensable. Elle peut être plus rapide chez certains métabolismes. Certains sont même génétiquement avantagés comme la plupart des sherpas qui profitent de siècles d’adaptation de leurs organismes.

Très haute altitude : le corps se dégrade

Au-delà de 5.000 mètres, parfois un peu plus en fonction des organismes, le corps n’arrive plus à s’adapter. Les médecins sont formels, au-dessus de 5.500 mètres, ils considèrent que la vie n’est pas possible durablement. D’ailleurs, les villes les plus hautes du monde ne dépassent pas les 5.100 mètres  !

Progressivement, les corps perdent de la masse musculaire, les nausées sont plus fréquentes. Et la fatigue ne disparaît plus. L’organisme n’arrive plus à se reposer : les insomnies sont fréquentes, l’appétit est diminué. Pire, la moindre petite attaque du système immunitaire peut se révéler dramatique. Un simple rhume, qui se guérirait tout seul au niveau de la mer, peut entraîner des complications graves en haute altitude.

L’affaiblissement du corps le rend moins capable à affronter certaines conditions de la haute altitude, notamment le froid. Le sang a plus de mal à circuler, notamment dans les extrémités. C’est ainsi que les premiers membres à geler sont les doigts ou les orteils, parfois le nez. Ensuite, le corps tout entier peut se refroidir. Jusqu’à 32°C, le corps a encore des frissons. En-dessous, tout se complique.

Les pathologies graves de haute altitude ont des fonctionnements moins connus des scientifiques. Une chose est sûre, un manque d’acclimatation associé à une ascension trop rapide favorisent chez la plupart des gens le développement d’œdèmes de haute altitude. S’ils ne sont pas traités à temps ils peuvent être fatals.

Dans tous les cas, mieux vaut prévenir que guérir. Passer du temps à s’acclimater progressivement à l’altitude est la clé de la résistance de l’organisme. En cas de dégradation nette de l’état général, la redescente est bien souvent la seule solution.

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