expéditions hivernales

Expéditions hivernales : résumé de la saison

Cet hiver a été riche en expéditions. Au Népal, au Pakistan et même en Sibérie. Peu de réussite, un drame, beaucoup d’énergie dépensée, et surtout : énormément d’enthousiasme soulevé dans le monde entier chez un public toujours plus large ! Résumé de la saison !

Le défi polonais : l’hivernale au K2 [ECHEC]

Renouant avec la tradition historique des expéditions nationales, la Pologne avait un objectif très ambitieux. Le K2. Jamais gravie en hiver, la deuxième montagne la plus haute du monde n’allait pas se laisser faire comme çà ! Krzysztof Wielicki, le chef de l’expédition comptait bien prendre sa revanche. Il était de la première expédition hivernale au K2 en 1987-88et avait dirigé celle de 2002. A 68 ans, il n’a pas grimpé mais il a coordonné les actions de son équipe depuis le camp de base.

K2 winter
Conditions difficiles sur la voie des Abruzzes

D’abord engagés sur la voie des Basques (Cesen), les polonais pensaient pouvoir utiliser cet itinéraire plus rapide grâce à de bonnes conditions hivernales. Mais bonne condition et hiver au Karakoram ne font pas bon ménage. Résultat, la progression a été très difficile et est assez vite devenue dangereuse. Deux alpinistes ont été blessés par des chutes de pierre, un a même été contraint de quitter l’expédition. Alors, Wielicki a changé de tactique, il a reporté les efforts de son équipe sur la voie normale : l’Eperon des Abruzzes. Mais la météo n’a pas aidé. De longues périodes d’inactivité à cause du vent ou de la neige. Résultat, difficile de monter ne serait-ce que pour s’acclimater, alors pour gagner le sommet, c’était mission impossible.

Dans les derniers jours de février, Denis Urubko, l’un des hommes les plus expérimentés du groupe, a tenté une attaque en solo, désespérant de ne pouvoir essayer quelque chose avant la fin de l’hiver. Sa tentative, contre l’avis de l’équipe, s’est soldée par un demi-tour. Même lui, le plus fort de tous, s’est rendu à l’évidence : le K2 ne se donnerait pas cet hiver.

Dans les premiers jours de Mars, Wielicki a annoncé la fin de l’expédition.

L’Everest sans oxygène [ECHEC]

Pour la deuxième année, le Basque Alex Txikon était de retour dans la vallée du Khumbu, au Népal. Objectif, être le premier à gravir l’Everest en hiver, sans oxygène. Tout avait bien commencé : l’équipement de la voie avait été réalisé en avance par rapport à l’année précédente et son ascension du Pumori – en amuse-bouche – avait été couronnée de succès. Avec le Pakistanais Ali Sadpara à ses côtés et une équipe de sherpa de très haut niveau, il avait l’équipe rêvée pour parvenir à ses fins. Mais là encore, c’est la météo qui a compliqué la donne. Plusieurs semaines d’attente ont précédé l’unique fenêtre météo de la fin février.

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Un des camps d’Alex Txikon sur l’Everest

Mais à près de 7.000 mètres, des vents trop violents les ont contraints à battre en retraite. Résultat des courses, retour au camp de base quelques heures avant l’expiration du permis d’ascension. Trop tard pour une nouvelle tentative. Fin de l’expédition.

Le Nanga Parbat et son sauvetage inédit [SEMI-REUSSITE]

Elisabeth Revol et son compagnon de cordée, le polonais Tomasz Mackiewicz étaient partis pour une expédition légère sur le Nanga Parbat (Pakistan). Ce 8.000 s’était jusque là refusé à leurs assauts répétés. C’était la 7ème tentative pour Tomek, la 4ème pour Elisabeth. Mais ça devait être la bonne. Ils sont parvenus au sommet, dans des conditions météo assez correctes, après plusieurs semaines de préparation et d’acclimatation. Mais un sommet est vraiment réussi lorsqu’on est de retour, sain et sauf, dans la vallée… Malheureusement, une fois au sommet, le grimpeur polonais s’est senti mal. Il montrait plusieurs signes caractéristiques d’un œdème de haute altitude.

Elisabeth Revol l’a aidé à descendre jusqu’à presque 7.200 mètres. De là, elle a continué sa descente. Même si elle ne se l’avoue pas encore à ce moment-là, Tomek n’en a plus que pour quelques heures à vivre. Et, seule, fatiguée et les extrémités en partie gelées, elle est loin d’être tirée d’affaire. Elle continue sa descente pendant qu’une opération de sauvetage sans précédent se met en œuvre.

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Denis et Adam, les deux sauv(et)eurs polonais

En quelques longues heures, des hélicoptères militaires viennent au camp de base du K2 récupérer une équipe de 4 grimpeurs bien acclimatés et capables de venir prêter main forte à Revol. Déposés à la tombée de la nuit, ils grimpent plus de 1.000 mètres de dénivelés à la lueur de leur frontale, sans s’arrêter. Vers 6.000 mètres, ils rejoignent Elisabeth. Elle est alors sauvée.

Les secours ne pourront atteindre son camarade, resté sur le Nanga Parbat.

Le Pik Pobeda et le froid sibérien [REUSSITE]

Simone Moro et Tamara Lunger n’était pas en Himalaya cet hiver. Ils avaient choisi leur cible en fonction des températures. Objectif, une ascension technique dans une région réputée froide, très froide. Les Monts Tcherski sont situé en Sibérie et s’étirent sur près de 1.000 km. Cette chaîne russe est réputée pour ses températures les plus froides de l’hémisphère nord.

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Simone Moro sur les pentes du Pobeda

Le but de l’expédition était d’atteindre le Pik Pobeda, point culminant du massif. Après plusieurs vols, une journée de 4×4 et des heures de moto-neiges, le groupe était prêt à en découdre. Il restait près de 2.000 mètres de dénivelés très techniques, dans des zones très enneigées. Malgré le mauvais temps, le duo tyrolien est arrivé au sommet après quelques jours de reconnaissance.

Et le reste…

L’équipe russo-kirghize qui tente de réussir tous les 7.000 d’ex-URSS en hiver a vécu une saison en demi-teinte. Fin janvier, ils ont réussi l’ascension du Pic Korjenevskoï (7.105m). Mais quelques semaines plus tard, ils se sont cassé les dents sur le Pic Communisme (7.495m). C’était le dernier des 5 sommets à atteindre. Ils reviendront l’hiver prochain.

Illustrations : K2DlaPolakow / Alex Txikon Everest / Denis Urubko Fans / Simone Moro-Tamara Lunger

Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

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