La Chine ferme l’accès à l’Everest pour ce printemps 2020 !

Les opérateurs d’expéditions sur le versant tibétain ont été notifiés ces dernières heures. La China Tibet Mountaineering Association a annoncé que les permis d’ascension de ce printemps étaient annulés. Aucune expédition n’aura lieu côté tibétain cette saison sauf peut-être 100% chinoise. La raison invoquée est évidemment la lutte contre la propagation du coronavirus. Comme l’explique Alan Arnette (en anglais) « la Chine donne la priorité à la sécurité de son côté de la montagne ». Il sous-entend ici que de l’autre côté de la montagne l’approche est toute autre. Il évoque la « propagande » des opérateurs du versant népalais qui tentent de sauver leur saison. « Je suppose que le Népal ne fermera pas son versant en privilégiant l’argent sur la santé ». En tous cas, Katmandou a d’ores et déjà reporté la mise en application de ses nouvelles règles censées accroître la sécurité sur l’Everest.

MISE A JOUR 13/03/20 8h : Finalement, le Népal renonce aussi à sa saison à l’Everest

Cette décision des autorités chinoises n’est pas une surprise. Par le passé, le versant tibétain a été à de nombreuses reprises fermés pour des raisons parfois discutables. En 2008, c’est le passage de la flamme olympique qui avait occasionné la fermeture… Stefan Nestler (en allemand) explique que les autorités avaient encouragé depuis quelques semaines à ne plus arriver au Tibet via la Chine (Aéroport de Chengdu) mais à passer par le Népal.

Annulation ou report côté népalais

Certaines agences abandonnent donc leur saison, à l’image des Américains d’Alpenglow . Son fondateur, Adrian Ballinger explique : « C’est une nouvelle déchirante, en particulier pour nos clients qui se sont entraînés si durement et qui ont tant investi dans la poursuite de l’ascension d’une vie. Bien que l’annulation d’une ascension ne soit jamais ce que nous voulons, cette fois, c’est la chose responsable à faire. Une épidémie de Covid-19 au camp de base serait dévastatrice. ».

D’autres opérateurs pourraient transformer leur expédition via le versant tibétain en une expédition côté népalais. La taille du camp de base côté Népal est encore indéterminée. Si certains groupes peuvent se reporter d’un côté à l’autre de la frontière, les opérateurs ont enregistré un nombre significatif d’annulation de la part de clients chinois, japonais ou sud-coréens.

En attendant, côté népalais, l’entrée sur le territoire se complexifie (notamment pour les Français) avec l’obligation d’obtenir un visa avant d’arriver à Katmandou. Ce processus doit être accompagné d’un certificat médical. Mais le pays n’est toujours pas prêt à faire face à une épidémie d’ampleur (en anglais) : « si l’infection se propage, nous verrons ce qu’il y a à faire » a affirmé un porte-parole du Ministère népalais de la santé, dans une annonce peu rassurante.

Illustration © DR

1 COMMENTAIRE

  1. Peut-être est-il opportun de préciser que la voie népalaise est celle de l’arête Sud-Est, la plus courue car plus aisée, celle de Hillary et Norgay (1953). Celle qui traverse le glacier du Khumbu, le vallée du silence, puis l’éperon des Genevois, le Col Sud, le fameux ressaut Hillary et le sommet, alors que la voie tibétaine est celle de la traversée du glacier du Rongbuk, le col Nord puis la montée sur l’arête rocheuse Nord. Il faut 6 camps contre 4 pour l’autre voie. C’est sur cet itinéraire que Mallory et son fameux appareil photo disparu en compagnie de Irvine (1924) que l’on doit faire chauffer ses crampons pour gravir à partir de 8 500 m, trois ressauts dont le plus célèbre est celui dit “de l’échelle chinoise” jusqu’à 8 800 m.

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