8 septembre 2002 : le snowboarder Marco Siffredi disparait à l’Everest

1981. Pierre Siffredi, 17 ans, teste ses nouveaux skis, malgré un temps redoutable. Sous l’Aiguille pourrie, il est pris dans une avalanche. Il y laisse la vie. Son petit frère, Marco, n’a que deux ans. Les années passent et doucement, le petit frère attrape la passion du grand. Il finit par délaisser les pistes au profit de pentes plus vertigineuses. Les seules qui l’attirent sont celles que personne n’ose skier, celles dans lesquelles le droit à l’erreur n’existe pas.

Marco Siffredi a 22 ans quand il descend le couloir Norton en snowboard, faute de conditions acceptables dans sa cible initiale, le couloir Hornbein. Le couloir Norton, c’est l’une des voies mythiques de la face nord de l’Everest. 1.800 mètres de dénivelé, rien que çà. En snowboard, c’est une première. En même pas quatre heure, il est en bas ! Avant cet exploit, le jeune Chamoniard a déjà su impressionner les connaisseurs. Notamment avec une descente extrême en face nord de l’Aiguille Verte, tutoyant les 65° de pente (couloir du Nant Blanc)… Et l’Everest n’est pas son premier 8.000, on l’a déjà vu sur le Cho Oyu !

Un dimanche de septembre…

Un an après le Norton, il revient au pied de l’Everest pour une nouvelle tentative sur le couloir Hornbein, encore plus beau, encore plus dur que le Norton. Mi-août 2002, Siffredi arrive au camp de base de l’Everest, sur le versant tibétain. Il y a beaucoup de neige. Plusieurs semaines d’acclimatation plus tard, il grimpe en compagnie de quelques sherpas. Quand son météorologue de Chamonix lui offre une fenêtre météo de quelques jours, il n’attend plus, il y va. Ce dimanche de septembre, Siffredi parvient au sommet à 14h10. Après quelques minutes de préparation, il se lance sur son snowboard et attaque la descente.

Depuis le camp de base avancé, on l’observe aux jumelles. La voie n’étant pas totalement visible depuis les camps inférieurs, les observateurs perdent sa trace quelques minutes vers 8.700 mètres. Ces quelques minutes se transforment en quelques heures. Finalement, la descente n’allait pas prendre une poignée d’heures comme dans le Couloir Norton l’année précédente. Personne n’allait revoir Siffredi. Une crevasse, une chute, un problème technique, personne ne sait. Olivier Besson, guide et ami de Siffredi, allait passer plusieurs jours à ratisser la montagne avec une équipe de sherpas pour retrouver sa trace, en vain.

Celui qui fuyait les sponsors (et que les sponsors fuyaient vu la dangerosité de ses projets) est entré, ce dimanche de septembre 2002, dans la légende de l’Everest. Comme Mallory, il y est resté. Un parcours incroyable et bien trop court. Il avait 23 ans. Son corps n’a jamais été retrouvé.

Pour en savoir plus sur Siffredi, lisez La trace de l’Ange, d’Antoine Chandelier, aux Editions Guérin ! Regardez le documentaire Marco Etoile Filante (bande annonce ci-dessus) | Un long-métrage s’est également inspiré de cette histoire : Tout Là-Haut.

Illustration  © DR

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