Mortalité en montagne, attention danger

La montagne comporte des dangers que ses pratiquants n’ignorent pas. Ainsi ils peuvent être confrontés à des accidents tragiques, qui ponctuent régulièrement l’actualité. Les avalanches sont une source importante d’accidents mais elles ne sont pas seules : les collisions entre skieurs, les chutes, les impacts contre des obstacles sont également la cause de plusieurs morts chaque année. Voici donc trois chiffres pour illustrer cette thématique de la mortalité en montagne : le taux de mortalité des guides de haute montagne, le nombre d’accidents les jours où les bulletins ne sont pas alarmistes et les statistiques de morts par avalanches.

Les professionnels en première ligne

Plusieurs accidents tragiques cet hiver, à commencer par le décès d’Emmanuel Cauchy, l’ont encore rappelé. Les professionnels payent régulièrement un lourd tribu à la montagne.

En 1820, les premiers morts dans le Massif du Mont Blanc n’étaient autres que… trois guides ! Quelques années plus tard, en 1865, un guide perd la vie alors que Whymper redescend, auréolé de sa première au Cervin. Une étude a mesuré le taux de mortalité chez les guides de haute montagne : 4,35 pour mille sont tués dans l’exercice de leur fonction. Inutile de le rapporter au chiffre moyen national qui tourne autour de 0,06 pour mille, avec une bonne moitié de ces morts qui ont lieu sur le trajet du domicile au lieu de travail.

Le risque d’avalanche, une échelle trompeuse

Les bulletins de risques d’avalanche échelonnent le danger sur 5 niveaux. Alors que le niveau 3 n’est que le niveau moyen de l’échelle (risque marqué), c’est lors de ces journées que se produisent le plus grand nombre d’accidents mortels. Comparativement, les journées classées en risque 5 sont très peu mortelles (notamment parce qu’elle dissuade pas mal de pratiquants de s’aventurer dans les zones concernées). Attention donc à ne pas sous-estimer cette échelle. A tous les niveaux le risque existe, il faut donc être conscient de tous les facteurs aggravants comme l’orientation de la pente. Pire, près de 10% des accidents mortels en hors-piste et 20% en ski de randonnée se produisent lors de journées en risque de niveau 2.

Les avalanches, un bilan presque stable

Année après année, le nombre de victime d’avalanches en France est relativement stable même si cette saison 2017-2018 a été particulièrement mortelle. Sur les dix années précédentes, des saisons 2007-2008 à 2016-2017, la moyenne annuelle du nombre de tués par avalanches est de 30.

Avec 35 morts cette saison, la moyenne est dépassée mais les saisons tristement célèbres de 2014-2015 (45 tués) et 2009-2010 (41 tués) ne sont pas atteintes.

EN SAVOIR PLUS > Bilan des accidents (ANENA)

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