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Que serait le ski français sans les douanes et l’armée ?

On connaît l’Equipe de France de Ski. Parmi ses membres, différents ski-clubs sont représentés. Mais à y regarder de plus près, on se rend compte que les skieurs (alpins comme nordiques) appartiennent à des corporations inattendues. Adrien Théaux, Steve Missilier, Tessa Worley, Anne-Sophie Barthet ou encore les frères Simon et Martin Fourcade sont membres de l’EMHM, une unité de l’armée de terre. Alexis Pinturault, Adeline Baud Mugnier, Taina Barioz, Johan Clarey, Mathieu Faivre, Thomas Fanara, Julien Lizeroux, ou encore Jason Lamy Chappuis appartiennent au corps des Douanes. Il s’agit là d’un fonctionnement assez spécifique au ski, même si d’autres sports sont également concernés. Explications.

Flashback : le bataillon de Joinville

Pour mieux comprendre le fonctionnement actuel, il faut revenir en arrière. Dès 1852, l’ecole normale de gymnastique militaire de Joinville est créée. Très vite, elle contribue à former des athlètes de haut niveau. Au départ centrée sur la gymnastique et l’escrime, elle élargit peu à peu ses horizons. Ce cadre évolue pour devenir en 1956 le Bataillon de Joinville, une structure multi-sports qui accueillait des sportifs de haut niveau. Lorsque le bataillon est dissous en 2002, il est remplacé par une nouvelle structure aux objectifs assez similaires : le Centre National des Sports de la Défense.
Les sportifs qui rejoignent le CNSD signent pour 5 ans au moins. En échange d’une rémunération de 1.000 à 1.300 € par mois, ils ont un rôle de représentation dans l’armée. Et ils se consacrent à leur sport. Les skieurs sont membres d’une sous-division du CNSD : l’Ecole Française de Ski Militaire. Elle est hébergée par l’Ecole Militaire de Haute Montagne (EMHM) de Chamonix. Statutairement, ses membres sont des militaires. A ce titre, ils sont donc gradés. Ne parlez plus de la skieuse Tessa Worley mais du Caporal Worley. Oubliez le biathlète Martin Fourcade, parlons plutôt du Sergent Fourcade.

Les Douanes, même combat.

Dans leur histoire, les Douanes ont dû former des équipes à même d’intervenir en montagne. C’est ainsi qu’au milieu du XXème siècle, des skieurs de haut niveau forment les agents des douanes. Dès 1960, la Douane recrute des skieurs de haut niveau pour leur permettre de pratiquer leur sport. A la veille des J.O. de Grenoble, plus d’une soixantaine de postes de douaniers sont réservés à des sportifs de haut niveau. En 1968, c’est la consécration. Jean-Claude Killy, triple médaillé olympique, est sous contrat avec les Douanes. C’est vers la fin du siècle que les sports ne diversifient mais le poids de l’histoire compte, les skieurs sont encore une part non négligeable du contingent de douaniers sportifs de haut niveau.

Des entreprises publiques aussi

Ces deux corps offrent un salaire, une couverture sociale et des possibilités de reconversion à l’issue de leur carrière sportive. Mais laissent le champ libre à la pratique intensive du sport à haut niveau. D’autres structures publiques ont une approche similaire, à l’image de la SNCF, La Poste ou EDF. Ces trois entreprises emploient des athlètes. Ces derniers travaillent quelques mois dans l’année, payés 12 mois. Le reste du temps, ils peuvent s’adonner à leur sport. En échange, l’entreprise publique peut utiliser leur image. La SNCF emploie par exemple 3 snowboarders de l’Equipe de France, à commencer par Chloé Trespeuch qui était il y a quelques jours sur un podium de coupe du monde, à Cerro Catedral en Argentine.

 

 

Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

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