Pascal Denoel Denali

Après sa déception à l’Everest, ce Français réussit l’ascension du Denali !

Quand un ami lui propose de s’aventurer sur les pentes glacées du Denali, Pascal Denoël a un a priori. Il « me semblait que cette montagne était l’opposé de l’Everest ». Une fois sur place, il n’a pas été démenti.

A son retour de l’Everest au printemps 2021, Pascal Denoël était « dépité ». Un sommet venait de lui échapper sans qu’il n’ait vraiment eu son mot à dire. Dans un imbroglio de bulletins météo incertains, de fin de saison approchante et de sherpas fantaisistes, son expédition avait pris fin sans même une tentative proprement dite. « On m’a empêché d’aller au sommet » rappelle-t-il encore aujourd’hui. Une déception violente, un atterrissage « très douloureux ». Mais c’est le sourire aux lèvres qu’il revient sur cette aventure « très loin de la montagne ». Parce que ce chef d’entreprise épris de liberté vient de boucler une autre expédition.

L’ascension du Denali, Alaska

Il y a quelques jours, il était au sommet du Denali. Point culminant d’Amérique du nord à 6.190 mètres d’altitude. Que les béotiens ne s’y trompent pas, l’ascension de cette montagne n’est pas une formalité. Et si son altitude est bien moins monumentale que celle de l’Everest, son climat subpolaire et son isolement en font une entreprise sérieuse. Si l’on regarde quelques chiffres, un prétendant sur deux (~53%) parvient au sommet du Denali. Alors que ce printemps, plus de 70% des grimpeurs sont arrivés au sommet de l’Everest. Au-delà de la réussite factuelle de cette expédition et de la satisfaction associée, Pascal Denoël a trouvé autre chose. Une expérience « antithèse de l’Everest » où sa soif de liberté a pu largement être comblée. Loin de l’industrie qu’il avait découverte au Népal, loin des longs moments à patienter sous la tente en pension complète. Loin des montagnards opportunistes qui préfèrent grimper dans un hélicoptère plutôt que traverser un dangereux glacier.

« Seul au milieu de rien »

En s’aventurant sur le Denali, il a trouvé une montagne moins dénaturée qu’à l’Everest. Il se souvient avec joie de « 45 minutes à la descente, seul dans le silence le plus total, au milieu des glaciers ». Etre « seul au milieu de rien », pousser l’apprentissage de soi en repoussant ses limites dans l’esthétique d’un paysage époustouflant. Voilà le moteur principal de cet homme. Et « à l’Everest, vous avez jamais çà » ajoute-t-il. Il se souvient encore de sa traversée de l’Islande en solitaire quelques années en arrière, là aussi riche en émotions comparables à celles du Denali. « J’ai envie d’y emmener des gens que j’aime ! » complète-t-il au sujet du Denali et de sa « satisfaction émotionnelle totale ».

Renoncer à l’Everest ?

En entendant son récit, on peut se demander ce qui l’avait poussé vers l’Everest. « Expérimenter, partager », porter les couleurs de son entreprise, et peut-être un petit peu de ce qui pousse beaucoup de gens vers ce sommet mythique, une forme d’orgueil. Il cantonne ce moteur au second plan mais n’est plus si certain qu’il ne retournera pas à l’Everest un jour : « je ne sais pas » explique-t-il. A l’écouter s’abriter derrière la « complexité de la nature humaine », on pressent pourtant que la liberté, les émotions et la satisfaction éprouvées au Denali n’auront probablement pas leur place dans l’industrie bien huilée de l’Everest. Mais le pouvoir d’attraction et de fascination du toit du monde a décidément de beaux jours devant lui. Et malgré tout, peut-être qu’une place dans « le bal des égos » de l’Everest pourrait encore l’attirer.

En attendant, le chef d’entreprise réfléchit à la suite. Rien de bien arrêté mais cette expédition au Denali pourrait être un entrainement de choix pour une future aventure antarctique. Cette dernière pourrait voir le jour en 2023.

Pascal Denoël est ambassadeur de la Fondation SEVE (Savoir Etre et Vivre Ensemble). Il a porté les couleurs de cette organisation au sommet du Denali. Elle vise à aider « les enfants et adolescents à grandir en discernement et en humanité » notamment via des ateliers de philosophie. Une cause que le chef d’entreprise soutient à titre personnel et voulait mettre en lumière dans cette aventure.

Illustrations Pascal Denoël sur le Denali © P. Denoel – Groupe ZECAT

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Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

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